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Looking for Manara. Chapitre III. La cascina.
Datte: 27/03/2023, Catégories: A dormir debout, Auteur: Iovan, Source: Hds
Looking for Manara Chapitre 3 La cascina Je jetai son imperméable sur ses épaules, lui tendis mon bras. Elle s'y appuya, avec un pauvre sourire, et titubante, je l'amenai jusqu'aux toilettes. Pendant que je la devinais, affairée à se débarrasser de toutes ces souillures, je me repassai les images stupéfiantes de cette débauche insensée qui m'avait excité au plus haut point. J'en bandais encore ! Par contre, je frissonnai en repensant à l'apparition du sinistre « contrôleur ». Nous croisâmes, à ce moment là, un train qui venait en sens inverse sur la voie voisine et la compression de l'air entre les deux convois lancés à pleine vitesse, généra une sorte de déflagration, une déchirure, en même temps que hurlaient, les deux tons d'un klaxon. En un éclair, je crus entrevoir le regard vide du contrôleur, qui me fixait, depuis le train que nous croisions. Instantanément, je me retrouvai debout au bord du ballast, dans un vacarme infernal, secoué par le vent de vitesse que produisait la trombe de métal dont je venais d'être jeté... Je voyais s'éloigner les deux bolides dans leurs directions opposées, n'apercevant plus, bientôt, que les taches rouges de leurs feux arrières...Elle était là-bas! Éperdu de douleur, je hurlai ma frustration, et mon désespoir, dans un cri qui creusa le silence de la campagne dans laquelle je me retrouvais, naufragé. J'eus un sanglot, serrant douloureusement les poings. Et je poussai un nouveau hurlement, cette fois, de rage ...
... déterminée : où Elle sera, je serai. J'allais la retrouver ! C'était une certitude ! Ma Divine allait à Milan, pour y chercher son Manara de père, c'était là, que je la retrouverais. Je me mis en marche. Le chemin empierré qui bordait la voie, s'incurvait vers l'est, où, à travers la brume qui montait du sol, une lueur commençait à poindre. Il me fallait d'abord, trouver un village, une ferme, une « cascina », comme on dit ici, puis de là, chercher un moyen de transport et gagner la grande métropole. Le coassement de la multitudes des grenouilles qui peuplaient les rizières, alentour, m'emplissait les oreilles, assourdissant, mais aussi, rassurant. Le mince croissant d'une lune montante, éclairait le chemin empierré de calcaire, et me permettait de distinguer la campagne déserte, qui m'entourait, où traînaient des écharpes de brume. Dans les lointains, un coq chanta, et l'aboiement d'un chien se fit entendre, je devais approcher d'une ferme. Tapie de derrière un bosquet, se dessina, bientôt, la masse sombre d'un corps de bâtiments, dans laquelle perçait l'œil d'un carreau éclairé : un paysan commençait sa journée. Il était hors de question que j'essaie de m'inviter pour le petit déjeuner : on ne pouvait pas me voir. Par contre, les chiens, eux, pouvaient me sentir, car, passant sous le vent en approchant du portail, je déclenchai une salve d'aboiements, signalant un intrus. Une porte s'ouvrit, et après un moment pendant lequel il dut scruter l'obscurité, un ...