1. De Sophie Durocher: Genèse d'un amour saphique (2)


    Datte: 27/02/2023, Catégories: Lesbienne Auteur: simson3

    À la suite de ce touchant témoignage de la part de mon amoureuse de toujours, c’est à sa demande que je vous livre aujourd’hui le mien. Bien que les événements soient les mêmes, ils sont racontés, comme vous pourrez le constater, selon mon point de vue personnel. Plusieurs d’entre vous, chers lecteurs et lectrices, seront probablement surpris de nous voir revivre notre histoire d’amour sous un tout nouvel angle, parce que, contrairement à ma biche d’amour, je n’ai pas toujours eu des sentiments très tendres envers ma Sophie. Bref, je vous laisse en juger par vous-mêmes...
    
    Sophie Durocher? Cela n’a jamais été le coup de foudre avec elle. Au contraire! J’avais même l’impression qu’on me l’avait toujours imposée et ce, dès ma plus tendre enfance. L’unique chose que l’on semblait avoir en commun elle et moi était notre ressemblance avec nos mères respectives. Alors que mes cheveux étaient noirs et raides, Sophie arborait quant à elle une soyeuse chevelure rousse légèrement ondulée. Mais cette fille m’exaspérait tellement, je la trouvais accaparante, mal élevée et surtout, pleurnicharde. Alors moi, éprouver des sentiments à l’égard de cette fille? Mais sur quelle planète vivez-vous donc?
    
    Enfant, je n’ai pas connu mon père, contrairement à cette petite garce, ce qui m’a immédiatement rendue jalouse d’elle. Après que Maman m’eût expliqué que dans une famille normale il y a un papa et une maman et que mon papa nous avait quittées pour ne plus revenir, je ne supportais pas ...
    ... l’injustice de voir mon amie entourée de ses deux parents et moi de ma mère uniquement.
    
    Pour me consoler, j’avais alors mis sur le compte de la présence du père de Sophie ses mauvaises habitudes : si elle me paraissait si turbulente, c’était à cause de son père qui n’avait rien de la douceur et du calme d’une mère. Lorsqu’elle pleurnichait devant moi, c’était probablement l’absence de la protection paternelle qui l’insécurisait. Lorsque toutes jeunes nous jouions ensemble, installées sur la couverture étendue à même le plancher de la cuisine, elle faisait bruyamment éclater ses flatulences en ma présence sans gêne aucune; sans doute, encore une fois, l’influence néfaste du paternel car nos mères se comportaient toujours devant nous comme si leurs systèmes digestifs étaient constamment au neutre. En fait, c’est plutôt de leurs bouches qu’émanaient d’étranges mélodies où se mêlaient bruits de succion et gémissements gutturaux.
    
    Mais comme le mentionnait ma petite biche, nous considérions la chose normale : sans que nous le sachions vraiment, nos mères se gouinaient allègrement lorsque nous nous trouvions toutes à notre domicile. Après tout, c’est beaucoup plus agréable à voir que d’observer deux voisines se crêper constamment le chignon!
    
    Ce que je détestais le plus, c’était que Sophie semblait m’imposer ses horaires. Pour commencer, lorsque, à l’âge de quatre ans, c’était pour elle l’heure de la sieste, ce l’était aussi pour moi. Et quand elle commençait à faire ses ...
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