1. La liste de Noël (5)


    Datte: 11/01/2023, Catégories: Trash, Auteur: Victor_lepieux, Source: Xstory

    ... femmes ou des petites amies des prisonniers, qu’elles habillaient ainsi pour égayer leur compagnon quand il la verrait au parloir.
    
    Cela dit, moi-même, je n’étais pas habillée autrement. Linda avait sorti des affaires en m’expliquant que :
    
    « J’ai acheté ça quand j’étais plus jeune et plus conne. Je voulais me rebeller contre mes parents, j’en avais marre qu’ils me disent que je devais bien me conduire parce que papa était maire. Alors j’ai acheté cette minijupe et ce top provoc. Mais au final, je n’ai jamais osé les mettre. Ils vont être un peu courts, mais tu vas entrer dedans si tu rentres le ventre. »
    
    Il s’agissait d’une petite jupe rose et un top blanc scintillant. La jupe ne descendait pas plus bas que le haut des cuisses et le top était ultra moulant pour moi, montrant une grande zone autour du nombril et était plutôt décolleté. Ce qui rajoutait à mon embarras était que la jupe était d’un rose vif et le top scintillait de strass. J’avais l’air d’une lolita perverse dans cet accoutrement... Je devais mon maquillage aux bons soins de Linda, qui n’avait pas hésité à passer plusieurs couches de rouge à lèvres brillant, et m’avait mis du fard à paupières bleu.
    
    Au final, si les autres femmes dans la salle s’étaient habillées sexy, moi j’avais l’air d’une poufiasse.
    
    Un garde cria : « Mademoiselle Linda Malkanie. »
    
    Je restais à ma place dix secondes, avant de réaliser que c’était moi qu’il appelait ! Je me levais précipitamment, ce qui attira encore plus les ...
    ... regards. Le garde me conduisit dans des couloirs ternes entrecoupés de grilles fermées jusqu’à une porte en fer. Je demandais :
    
    « Le parloir est derrière ?
    
    — Le parloir ? Ce n’est pas là que vous avez rendez-vous... »
    
    J’avais rendez-vous ? Première nouvelle. Et si ce n’était pas un parloir, c’était quoi alors ? Il n’allait pas me mettre en cellule quand même...
    
    Le gardien déverrouilla et me prévint :
    
    « Si vous avez besoin d’aide, il vous suffit de crier. Je reste derrière la porte. »
    
    Cela ne me rassura qu’à moitié ; j’étais contente qu’il puisse venir rapidement à mon secours, mais j’étais inquiète que je puisse avoir besoin d’être secourue.
    
    J’entrais dans une pièce de trois mètres sur deux. Il y avait un lit avec un matelas en fin de vie, deux chaises brinquebalantes, une petite table en bois avec une boîte posée dessus et un lavabo fissuré. Mais ce qui retint mon attention, c’est le type au milieu. Un mec gigantesque, massif, une montagne. Il portait un t-shirt blanc et un jogging Kalenji noir. Il patientait en croissant les bras, son ventre était plat et ses biceps étaient larges comme des rondins de bois. Il se rasait la tête et avait de multiples tatouages. L’un d’eux attira particulièrement mon attention : c’était une croix gammée sur le bras. J’avais les jambes qui se remirent à trembler. J’étais en face d’un skinhead nazi :
    
    « Alors c’est toi Linda Malkanie ? » demanda-t-il.
    
    Sa voix était grave, comme celle d’un mec qui aurait commencé à fumer ...
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