-
Un si gentil fantôme (2)
Datte: 27/12/2022, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory
... elle n’est pas du tout sur cette longueur d’onde. Les deux tentacules de Gaétan cerclent le corps au niveau de la poitrine, empaumant bien sûr celle-ci. Elle rejette d’un coup sa chevelure en arrière dans un geste d’impatience. — Arrête… ce ne serait pas raisonnable ! Je ne peux pas, ne dois pas te donner ce que tu espères. La morale… ce n’est pas convenable, pas concevable. — … C’est pire qu’une claque sur le visage, une blessure d’amour-propre pour ce loustic qui commençait par croire en sa bonne fortune. Elle vient d’une phrase, de ruiner ses espoirs, balayer ses rêves. Bien sûr qu’il recule. Il s’agit bien d’une fin de non-recevoir. Et se sentant délivrée, Maryse se retourne lentement. — Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, tu dois le comprendre. Tu es celui que j’aime le plus au monde, mon chéri… je ne veux que ton bien et ce genre d’amour ne se partage pas entre un fils et sa mère. — Maryse… je ne suis pas votre gamin, pas votre enfant. Je n’ai jamais séjourné dans ce ventre là… réveillez-vous bon sang. — Pourquoi es-tu aussi mordant avec moi d’un seul coup ? Je ne mérite pas ta colère… je t’aime et tu devrais bien en être conscient depuis toutes ses années. Je t’ai tout donné… mais ça… ça, c’est au-dessus de mes forces ! Ça dépasse largement mon entendement. Je… j’ai mal de dire ces mots… je ne peux pas coucher avec toi ! — Même en sachant que je suis Gaétan le meilleur ami de Mathis ? — … chut ! Ne te fais pas plus de mal encore, mon ...
... cœur. D’un index raide, elle clôt les lèvres, stoppe le flot de paroles qui va sortir de sa gorge. Lui ne sait plus quelle attitude adopter. C’est comme s’il se heurtait à un mur. Incompréhension, impossibilité de communiquer, elle dans un univers perdu, lui dans la réalité, comment opérer une jonction entre ces deux mondes diamétralement opposés ? Quitter cette maison s’impose comme l’unique solution ? La chambre d’ami pour y reprendre ses affaires ; c’est bien là qu’elle vient le relancer. Son ton est toujours agréable, comme si l’incident de l’après-petit-déjeuner n’avait jamais eu lieu. — Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu prépares une valise ? Je te croyais en vacances pour encore presque quatre ou cinq semaines ? — Je… je suis confus de ce qui est arrivé et je ne crois pas que j’ai ma place chez vous, Maryse ? — Qu’est-ce que tu me chantes là ? Pourquoi veux-tu fuir… à la moindre contrariété ? C’est bien tous les hommes ça ! Ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent, alors ils s’envolent. — Mais non ! Mais je ne peux pas supporter que vous mélangiez réalité et songe. Vous semblez vivre dans ou sur une autre planète, je ne me sens pas à ma place dans votre… existence ou votre passé ! — Je t’en supplie… ne pars pas, ne me quitte pas une seconde fois. Je ne pourrais pas m’en sortir. Avançons doucement tous les deux… Ne me quitte pas, je t’en conjure. — Je ne peux pas, Maryse, vous regarder vous détruire sans rien dire ni faire. Je ne suis pas votre Mathis. Je ...