1. La Vie de Solange, ou les mémoires de la Comtesse de *** (10)


    Datte: 23/12/2022, Catégories: Trash, Auteur: Mir, Source: Xstory

    Il me parut que peu de temps s’était écoulé lorsque je repris connaissance. Tremblante, je tâchai de rassembler mes habits et remettre ma robe en ordre, de même que mes cheveux. Je vacillai en me levant : comment était-ce possible… Mo cousin, comment avait-il pu m’abandonner ainsi, sèchement, sur un soupçon infondé, sans me laisser m’expliquer, lui qui ces dernières années avait été mon seul ami, mon amant, le secret espoir d’une vie différente ?
    
    Je sortis de la sacristie et ne vis personne alentour. Je me rendis rapidement à mes appartements, pour m’y enfermer, demandant que l’on ne me dérangeât pas, si ce n’était pour me servir un déjeuner léger. Après une toilette minutieuse, que je fis en tremblant, je me blottis dans un fauteuil et y demeurai plusieurs heures, alternant pleurs et pensées mélancoliques.
    
    Claudine revint et s’inquiéta vite de mon état. Imaginant que la cérémonie du matin avait ravivé de cruels souvenirs, elle fit son possible pour m’égayer, ce qui me fit redoubler de pleurs. Impuissante, elle finit par s’agenouiller à mes côtés et saisir mes mains qu’elle pressa en silence. Cette sollicitude m’apaisa ; nous restâmes ainsi un moment dans la pénombre grandissante, l’obscurité de la pièce dévorant mon âme.
    
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    Je passai deux jours ainsi ; mon cousin ne se manifesta pas si ce n’est pour demander de façon très formelle, par l’intermédiaire de quelque domestique, de mes nouvelles. J’avais envoyé ...
    ... Claudine le trouver pour tâcher de l’émouvoir et le faire consentir à me voir, mais il avait refusé, « froidement », m’avait-elle rapporté avec indignation. Lorsque je m’étais présentée moi-même à la porte de ses appartements, son valet avait prétendu son maître « occupé à quelque affaire urgente ». Armand disait vouloir rester jusqu’au retour de mon époux pour « présenter ses respects au maître des lieux », mais il me fermait sa porte.
    
    Eplorée, je finis par quitter ma chambre et tâchai de reprendre une vie… comment dire « normale » ? Je réalisai en effet à quel point, jusqu’à ce jour, la pensée de mon cousin m’emplissait à tout moment.
    
    Partais-je me promener dans les bois du domaine ? Mon esprit vagabondait jusqu’à une clairière où Armand me soumettait à son plaisir lorsqu’il venait.
    
    Allais-je visiter la scierie pour constater l’avancement des améliorations que j’avais ordonnées ? Je songeais avec délice à la fois où mon cousin m’avait prise contre une machine, me sodomisant tout en m’enfonçant un levier entre les jambes.
    
    Réfléchissais-je à un quelconque changement dans le domaine conforme à l’esprit nouveau ? Me plongeais-je dans quelque ouvrage d’un de nos philosophes ? Les brillantes conversations avec Armand, homme des Lumières avant tout, me revenaient.
    
    Etais-je allongée, le soir, dans mon lit, ne parvenant à trouver le sommeil ? La pensée de mon tendre cousin s’activant sur moi me faisait doucement glisser dans les bras de Morphée.
    
    Je comprenais enfin que ...
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