1. Jérém&Nico 0302 La suite nous le dira.


    Datte: 14/12/2022, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    Mardi 1er janvier 2002.
    
    Le lendemain de cette nuit où pour la première fois Jérém m’a dit « je t’aime », où pour la première fois de ma vie je me suis entendu dire « je t’aime », je ne me réveille pas vraiment de bonne heure. Nous avons passé la première nuit de l’année à faire l’amour, c'est-à-dire, à nous aimer. Mon corps avait besoin de récupérer.
    
    Après son « je t’aime », nous n’avons pas beaucoup parlé. Et pourtant, les caresses, les baisers, les regards, les gestes complices, l’envie réciproque de nous donner du plaisir et de la tendresse se sont chargés d’exprimer notre bonheur d’être là, l’un avec l’autre, sans détours. Le feu brûlait entre nos corps, nos esprits baignaient dans une osmose totale, nos cœurs battaient sur un accord parfait. Tout était limpide, comme une évidence, il n’y avait pas d’erreur possible.
    
    Le premier matin de la nouvelle année, je me réveille dans les bras de Jérém. Son torse enveloppe mon dos. Je sens sa respiration cadencée sur ma peau, son souffle léger dans mon cou. Le beau brun dort toujours, et pourtant je ressens son bonheur d’être avec moi, même dans son sommeil. J’en prends pour preuve le fait de me réveiller comme je me suis endormi, c'est-à-dire enlacé par le gars que j’aime.
    
    Le premier réveil de la nouvelle année est enveloppé d’un bonheur immense. Je n’ai qu’une envie, que cet instant parfait ne cesse jamais. Parce que je crois, j’en suis même sûr, de ne pas avoir été un jour plus heureux qu’à cet instant ...
    ... précis.
    
    Hélas, les emballages de capote sur la table de nuit me rappellent que tout n’est pas rose dans ma vie. En regardant l’intensité de la réverbération du soleil qui rentre par la petite fenêtre, je pense que mon heure de prise habituelle des médocs du matin, 8 heures, est largement dépassée. Et alors que tout mon être veut continuer à profiter de ce réveil dans les bras de mon Jérém, je ne peux pas attendre plus longtemps pour me lever.
    
    Je dois me faire violence pour quitter ce bonheur de tiède douceur virile. Je ne veux pas le réveiller, je n’ai pas envie qu’il me voie prendre mes médocs, et qu’il se sente encore coupable de ce qui m’est arrivé. J’ai envie de faire ça discrètement, et de revenir aussitôt dans ses bras.
    
    Je prends mille précautions pour quitter le lit, pour quitter ses bras. Mais avant que j’aie pu mettre un orteil à terre, je sens le bogoss remuer derrière moi. J’entends sa respiration changer, et je l’entends me lancer, la voix pâteuse, le ton presque enfantin :
    
    « Bonjour Ourson ».
    
    Sa façon de m’appeler « Ourson » m’émeut toujours autant. Surtout quand je pense qu’au début de nos révisions c’était plutôt avec « salope », « sale pute », « chienne en chaleur » qu’il s’adressait à moi. Un contraste qui ne cesse de me sauter aux yeux et qui me fait à chaque fois réaliser qu’en quelques mois mon statut a bien changé à ses yeux. Je me demande même comment j’ai pu accepter d’être autant soumis à ce gars, comment j’ai pu le laisser m’humilier comme il le ...
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