1. Mise à la preuve.


    Datte: 03/12/2022, Catégories: fh, hbi, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... binôme comme nous en avions l’habitude. Ensuite, je libérai mes équipiers. Nous aviserions pour la suite, demain matin.
    
    En prenant l’ascenseur qui menait au parking, la réflexion de Martineau : « vous devriez vous trouver une compagne » me trottait dans la tête. Depuis ma rupture avec Gabrielle, ma libido était en stand-by. Mon adjoint n’avait peut-être pas tort. J’avais besoin d’un peu de chaleur humaine, féminine de préférence. Je décidai d’aller casser une graine au Babacha-bar, un petit cani sympa sur la Presqu’île. Plutôt gay que lesbien, mais c’était un lieu fréquenté par des gonzesses comme moi qui évoluaient « hors milieu » loin de la diaspora goudou intégriste.
    
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    CHAPITRE 4
    
    Charles finissait son deuxième gin-tonic. Assis au comptoir, il bavardait depuis plus d’une heure avec Claude, le barman et propriétaire du Babacha. Le désert. Pas un chat dans la salle. Habituel pour un lundi. Claude ouvrait, malgré cette désaffection. Cela lui permettait de jaser (il était québécois) avec quelques habitués et parfois de se trouver un amant pour la soirée.
    
    Depuis des années, Charles venait dans ce troquet chaque fois qu’il était lyonnais. Il avait même réussi à y traîner sa regrettée épouse. Ils avaient sympathisé avec Claude. Depuis la mort de Marie-Hélène, trois mois plus tôt, ne parvenant pas à vivre dans leur maison de Bourguoin, il avait établi son camp de base dans un hôtel à la périphérie de Lyon, ne rentrant dans l’Isère que pour relever ...
    ... son courrier et payer ses factures. Il passait de nombreuses soirées au Babacha, où aux heures creuses, il pouvait papoter avec Claude. Quand le bar s’animait, il se réfugiait dans le coin le plus reculé de la salle, loin de la fureur et du bruit. À 46 ans, il avait conservé un physique agréable. Plusieurs machos avaient reconnu sa féminité et il avait fini la nuit avec eux. Jamais, il ne les revoyait. Uniquement des one-shot pour éteindre ses désirs. Son corps en sortait apaisé, mais il lui manquait de raconter ses écarts à Marie-Hélène. Elle le comprenait si bien. Il l’avait aimée. La seule femme qu’il ait aimée et la seconde et sans doute ultime, avec qui il avait fait l’amour.
    
    Un soir, alors qu’il sirotait son énième gin-tonic, son passé lui était revenu dans la figure. Il avait reconnu une figure perturbante qui lui rappelait de mauvais souvenirs… mais ce n’était, sans doute, que l’effet de l’alcool. Il ne retrouverait jamais… Il se lamentait sur son triste sort quand elle entra. Une gonzesse ! Dans ce bar où la clientèle était quasi exclusivement gay, si l’on exceptait quelques touristes égarés fuyant dès qu’ils comprenaient où ils se trouvaient, une présence féminine se remarquait. Pas une touriste ! Pas le style goudou non plus, même si son look révélait une forte masculinité. Chemise bûcheron sur un 501 délavé, boots noires sans fioritures, elle dégageait une énergie contenue. Des cheveux bruns, ni longs, ni courts, bouclés, parsemés de mèches grises, un visage au ...
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