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Mise à la preuve.
Datte: 03/12/2022, Catégories: fh, hbi, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe
... dans notre direction et, soudain, se mit à gueuler. Malgré la distance qui nous séparait, je l’entendis hurler : « Les condés, cassez-vous ! Vite ! » Sans attendre, il sauta dans sa voiture et démarra sur les chapeaux de roues. Je ne comprenais pas ce qui l’avait alerté, mais il nous avait repérés ! L’inconvénient de ces opérations improvisées. Il me fallait prendre une décision immédiate. Nous étions cinq… et pas vraiment équipés. On avait affaire soit à un passage de clandestins, soit, et comme il m’avait semblé avoir identifié que des nanas, à un trafic d’êtres humains sans doute en rapport avec la prostitution. Pârk, on le retrouverait. — Anna ! hurlai-je dans ma radio. Laissez filer le chinetoque, on serre les malfrats dans l’J7 et on délivre les filles. Sarah avait anticipé mes ordres. Leur vieille Renault avait bloqué une des issues tandis qu’avec un bel esprit d’initiative, Bryce mettait leur caisse en travers de la seconde issue. Les truands comprenant qu’ils ne pourraient s’échapper avec leur véhicule l’abandonnèrent et partirent en courant vers le Rhône. Sans doute des demi-sels, Bryce tira une fois en l’air en leur criant de s’arrêter. Les deux zozos stoppèrent net en levant haut les mains comme dans les meilleures séries américaines. La péniche levait l’ancre. Dans un bon polar, nous serions montés à l’abordage. Dans la réalité lyonnaise, je me contentai de prévenir la fluviale pendant qu’Ampépeur lançait une alerte pour arrêter Pârk. Les sept ...
... très jeunes filles, toutes asiatiques, qui se terraient dans la camionnette n’avaient pas de papiers et restaient muettes par peur ou par ignorance de notre langue. Toujours difficile de déterminer l’âge des Asiatiques. Pour moi, elles sortaient à peine de la puberté. Ça ne sentait pas bon. Ces filles n’étaient pas des migrantes, mais plutôt des pauvres gamines qu’on allait offrir à des pervers de notre beau pays. Quelque part, j’étais soulagée que ça ne relève pas de moi. J’appelai Mary-Lou Mc Roth, commandant aux mœurs pour lui refiler le bébé. De retour rue Marius Berliet, on nous informa qu’on avait retrouvé la Rover de Kim Jong Un (Bryce lui avait trouvé une ressemblance frappante avec le père du peuple nord-coréen) abandonnée sur un parking en bordure de Saône. Aucune trace du propriétaire, évidemment. Mary-Lou, qui nous avait rejoints, me demanda si je voulais assister à l’interrogatoire des deux truands et du marinier belge, Van Tauzencher que la fluviale avait intercepté facilement. Je déclinai. Mon refus se justifiait : pour moi, si notre ami coréen nageait en eau trouble, ses pérégrinations n’avaient rien à voir avec le meurtre de Sanmarco. La fin d’après-midi avait été animée et avait probablement révélé un trafic bien glauque, mais cela ne nous avait rien apporté de neuf. Nous fîmes un rapide tour de table au cours duquel je demandai à Bryce et à Serge de se pencher encore un peu plus sur les relations de Sanmarco. Je confirmai à Anna que nous bosserions en ...