1. Mise à la preuve.


    Datte: 03/12/2022, Catégories: fh, hbi, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... chez mes enfants et je ne suis rentrée à mon domicile lyonnais que dimanche soir, récita-t-elle. S’il est mort avant dimanche 20 heures, j’ai un alibi.
    — Merci pour ces précisions. Mais ce n’était pas notre propos. Nous cherchons à cerner la personnalité de votre ex-mari et…
    — Facile, une ordure doublée d’un salaud, un pervers manipulateur, un obsédé sexuel. Un narcissique égocentrique, voilà ! Je ne vois pas ce que je pourrais vous dire de plus.
    — Portrait peu flatteur, mais pourriez-vous l’étayer en acceptant de répondre à nos questions ? Avez-vous un endroit où nous pourrions parler sans être dérangées ?
    
    Elle acquiesça. Pendant qu’elle fermait la porte de son magasin, Anna, qui s’était tenue en retrait, me glissa à voix basse :
    
    — J’adore quand tu parles comme une encyclo. Et de continuer : je crois qu’elle en pince toujours pour son mec.
    — Passons dans mon arrière-boutique.
    
    Si Rosette pardon Rose Delion ne nous apporta aucun fait nouveau sur le meurtre, elle nous permit d’éclairer, pas sous un jour très favorable, la personnalité de son ex-compagnon. Le personnage m’était de moins en moins sympathique. Elle ne pouvait rien nous dire sur ses affaires, si ce n’est qu’à voir son train de vie, elles devaient être plutôt florissantes. Sans qu’on lui parle de l’opération de la veille, elle nous laissa entendre qu’il fricotait avec des gens pas très clairs et que ça ne l’étonnerait pas outre mesure qu’il soit « sorti du droit chemin » (sic). Elle n’avait rien de ...
    ... concret à nous donner. Elle avait suivi de bien plus près sa vie privée. D’après elle, son « mari » était un libertin sans beaucoup de morale. Non, elle ne lui connaissait pas de pratiques bizarres. En tout cas, il n’en avait pas à l’époque de leur mariage. Il aimait les femmes jeunes, voire très jeunes. Elle nous cita bon nombre de ses maîtresses, dont la dernière Hailey Brillant. Leur point commun, outre leur jeunesse et selon Rose, leur appétence sexuelle. « Des putes en puissance » (resic).
    
    Anna avait raison, elle avait toujours des sentiments pour son ex. Mais j’aurais parié sur la haine, contrairement à mon adjointe.
    
    Quand celle-ci, sans avoir l’air d’y toucher, suggéra que son libertinage l’avait conduit à la bisexualité, l’ex se cabra et protesta… trop fort. Certes, c’était un porc, mais, il était trop macho pour être gay. J’évoquai alors les travestis. Elle essaya de faire bonne figure, mais malgré ses dénégations, il paraissait évident qu’elle connaissait ce travers. Fort adroitement, Anna enchaîna sur les causes de son divorce. Elle avait fait mouche. La dame s’énerva, exprima son incompréhension : quel rapport entre son divorce 20 ans plus tôt et le meurtre de Paolo ? Je calmai le jeu et elle s’excusa. Elle regrettait d’avoir perdu son sang-froid, mais cet épisode de sa vie restait très douloureux pour elle. En fait, ils avaient divorcé parce qu’elle en avait marre de porter des cornes. Nous contentâmes de cette explication simpliste.
    
    Quand nous quittâmes ...
«12...111213...19»