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À dans dix ans
Datte: 13/11/2022, Catégories: fh, ff, anniversai, amour, caresses, mélo, rencontre, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... j’étais à lui, toute à lui. Quand il a explosé en moi, je crois avoir crié comme jamais. L’orgasme a un autre goût quand on aime, je me rendais compte que je venais de tomber amoureuse. Un peu essoufflé, il m’a embrassée tendrement, et en riant nous nous sommes lavés mutuellement. Je me suis endormie nue contre lui. Je me suis réveillée nue contre lui. Je devais rentrer sur Paris, Michel devait rentrer sur Bordeaux, son travail l’attendait. J’ai voulu le revoir, il voulait me revoir. Pendant deux ans Paris-Bordeaux, Bordeaux-Paris, c’en était trop. Un soir à Paris, il m’a dit « je ne retourne plus à Bordeaux, je reste ici », il avait réussi à se faire muter au siège de sa société à La Défense. Trois mois après, nous nous sommes mariés, tous mes amis de l’orchestre étaient là, quel orchestre dans l’église ! Il s’est installé chez moi, en attendant d’avoir notre chez nous. Les concerts en France et en Europe continuaient, plus amoureuse que jamais, nos retrouvailles étaient toujours passionnées. Bébé est arrivé peu de temps après. Les spectateurs étaient toujours attendris de voir le ventre arrondi du premier violon. Entre-temps, j’avais pris du galon. J’ai dû arrêter les concerts quelque temps, je m’occupais de ma fille tout en continuant à participer aux activités de l’orchestre qui préparait un nouveau disque. Très vite, cette fois aucune excuse, le hasard ou l’envie, j’étais à nouveau enceinte. Deux enfants, ma décision a été vite ...
... prise, j’ai quitté l’orchestre avec lequel j’avais passé tant d’années, vécu tant de joies, qui m’avait permis de rencontrer l’homme de ma vie. Je n’abandonnais pas pour autant la musique. J’ai sorti un disque en soliste avec l’Orchestre National de Lille. Retrouvant ma première passion, j’ai même enregistré la Méditation de Thaïs de Massenet, un classique au violoncelle auquel je n’avais jamais renoncé. Quand la maison d’édition me demanda une photo pour la pochette de mon CD, je me suis dit que seule une femme serait capable de saisir mes émotions. Je me souvenais d’une journaliste Anne Jehanno, grand reporter, dont j’avais vu les photos dans des grands magazines. Je crois qu’elle avait même reçu le prix Pulitzer. Grâce à Radio France, j’ai pu entrer en contact avec elle. Elle me reçut chez elle en toute simplicité, heureuse qu’on se souvienne d’elle. C’est moi qui ai été la plus heureuse quand elle m’a dit qu’elle me connaissait. Nous avons discuté autour d’une tasse de thé. Sa sensibilité me convenait. Elle a su capter l’amour fusionnel que j’entretenais avec mon instrument. Depuis, tous les programmes de mes concerts reproduisent ce même cliché, je n’en ai jamais fait d’autres. Je ne remercierais jamais assez Anne pour ce merveilleux cadeau. C’est avec plaisir que tous les ans, je lui fais parvenir mes nouveaux albums, elle me répond toujours d’un petit mot gentil. Une nouvelle carrière de soliste s’ouvrait devant moi. Je n’ai pas eu beaucoup de temps ...