-
À dans dix ans
Datte: 13/11/2022, Catégories: fh, ff, anniversai, amour, caresses, mélo, rencontre, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... essayant sans succès de franchir ce mur pour retrouver la liberté. Ma gorge se noue. Papa me racontait souvent… Je regarde les photos, un jeune homme me sourit, Kurt Wagner, une date, septembre 1989, il n’avait pas eu le temps d’attendre. Avec sa petite amie, ils sont passés par un des immeubles qui bordaient le mur, il suffisait de se glisser de nuit par une des fenêtres mal obstruées et atterrir en bas de l’immeuble. Là, c’est l’Ouest, il faut alors courir, courir le plus vite possible vers ceux qui en face attendent à l’abri de grands arbres. Kurt tenait la main de son amie, ils avaient dix-sept ans tous les deux, en sautant derrière elle, il lui a crié « cours, cours vite ». Un coup de feu a claqué dans la nuit, quand elle est arrivée à couvert, essoufflée, elle s’est retournée, elle était seule. Là-bas, tout là-bas, un corps sans vie gisait au pied de l’immeuble de la liberté. Qu’est-elle devenue ? Je ne le saurai jamais. Mais Papa me racontait qu’il faut toujours aller au bout de ses rêves, quoi qu’il en coûte. L’image de Kurt gravée à jamais dans ma mémoire, je quitte ce lieu pour visiter un peu cette ville grouillante de vie, comme tous les touristes. Mais je n’ai pas le temps, ou pas l’envie, d’aller à Check Point Charly. J’en ai le souvenir de soldats en armes et de la crainte de mes parents quand nous devions aller dans la partie Est de la ville. Maintenant, c’est un musée avec des vendeurs de faux morceaux de mur. Papa en a ramassé un sur place, ...
... souvenir douloureux, il est en bonne place dans son bureau. J’atteins enfin les nouveaux bâtiments de la Philharmonie. Ultime répétition, la soirée sera longue. Le Chef est exigeant, très exigeant, et je me sens tellement fragile quand je le regarde. J’ai aussi hâte de revoir Romane, il y a longtemps que nous ne nous sommes pas vues. --o Ô o--- Ce jour béni de 1989, en rentrant à la maison, la tête pleine d’images, heureuse sans savoir pourquoi, j’ai dit à ma mère « Maman, je veux jouer comme le monsieur » « du violoncelle ? » « Oui, comme le monsieur ». J’avais encore ce son qui résonnait dans mon ventre. Ma mère m’a inscrite au conservatoire, j’étais déçue de ne pas pouvoir avoir de suite un instrument, il me fallait d’abord apprendre le solfège, j’ai failli abandonner. L’année suivante, mon père a été muté à Paris. Au conservatoire, ma première année à Berlin m’a permis d’intégrer directement la classe de violoncelle, mon rêve se réalisait. Pour mon anniversaire, mes parents m’ont gâtée, il était magnifique, presque plus grand que moi. J’ai dû casser les oreilles de toute la famille pendant des mois, avant de sortir une note convenable, mais très vite, je retrouvais le son inscrit dans ma mémoire. Trois ans après, je jouais convenablement, petits concerts pour les amis, la famille. Au lycée, classe musique, trois heures de musique par jour, j’étais comme tous les ados, mais au lieu de jouer sur une console de jeux, je m’enfermais avec mon ...