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Bagatelle estivale (3)
Datte: 19/09/2022, Catégories: Divers, Auteur: maisondecampagne, Source: Xstory
... as commencé à déboutonner ta chemise en me regardant droit dans les yeux. J’avais la sensation de vivre en accéléré dans un monde au ralenti. Mon cœur bourdonnait dans ma tête et les bras ballants je ne pouvais que me régaler de te voir enfin. La boucle de ta ceinture a heurté le carrelage dans un bruit métallique qui nous a fait sursauter tous les deux. Je t’ai dévoré des yeux, détaillant tes épaules, puis ton torse, laissant glisser mon regard le long de ton corps jusqu’à tes pieds avec vénération. Tu étais là, enfin. Réel parmi tous les délires qui m’empêchaient de dormir le soir. Tu t’es avancé dans la cabine étroite, j’ai reculé jusqu’à être contre le mur et complètement sous l’eau chaude. Nous avions les yeux vissés l’un dans l’autre et je ne voulais pas que ça s’arrête. Parce qu’alors nous allions le regretter, quoi qu’il se passe. La buée qui envahit peu à peu la salle de bain, alourdit l’atmosphère chargé par nos désirs mutuels. Tu te rapproches de moi et nos souffles se mêlent. J’aspire la chaleur de ta bouche avec la conviction que c’est le seul oxygène dont je puisse me servir pour l’instant. Ma bouche se remplit de l’eau qui me coule sur le visage. Tes yeux sont des champs de bataille où deux armées se font la guerre. Des foyers brûlants de l’envie de me prendre et glacés de l’horreur de ce que ça implique. Si tes prunelles acajou sont si belles c’est qu’elles sont le miroir de tout ce qui vit en toi. Je ne crois pas ne t’avoir jamais vu aussi vivant ...
... qu’à cet instant. Cette fraction de seconde avant que l’orage n’éclate, qu’un éclair ne déchire le ciel de nos proximités en un claquement sonore. Celui de ma chair humide contre le mur carrelé de la douche. Enfin tu m’a touchée. Touchée réellement, avec toute la largeur de ton envie de moi. Tes mains s’agrippant à ma peau, y laissant des traces rouges. Tu ne m’as pas encore embrassée pourtant. Tes yeux fusillaient toujours les miens me hurlant silencieusement de partir, me jurant que le désir trop fort passerait, alors que nous savions tous les deux au fond de nous que rien n’estomperait ce que nous ressentions. Tu as collé ton front au mien et mon cœur s’est effondré. Mes mains se sont posées sur tes joues. “Louise”. Je sais, moi aussi Simon. Moi aussi. Nous dansions en équilibre sur un fil d’araignée et la soie de notre route allait casser à tout moment. C’est un fil de soie qui séparait nos lèvres, un fil de soie qui nous séparait de la folie. Il a cassé, et nos bouches se sont rencontrées, elles se sont écrasées l’une sur l’autre alors que nos mains se faisaient voraces. Nous sommes devenus fous, de l’autre, de désir, de l’envie de se fondre en notre obsession. Sous l’eau chaude qui ne parvenait pas à nous laver du péché que nous commettions, enfin nous nous aimions. Avec violence. Tu as attrapé une de mes cuisses et tu l’a relevée, te frottant contre moi ; je t’ai supplié de me prendre. Le brouillard trempé qui nous entourait, la bouche pleine de nos langues ...