1. Bagatelle estivale (3)


    Datte: 19/09/2022, Catégories: Divers, Auteur: maisondecampagne, Source: Xstory

    Quinze Août. Pour l’assomption je travaille au supermarché. J’ai vite guéri de ma gastro et je n’ai plus vomi après ton départ. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou une mauvaise. Je passe les articles devant le lecteur de code barre sans entrain. Mon cœur n’est plus pareil depuis que tu as quitté ma chambre ce jour-là. Mes sourires atteignent rarement mes yeux, je n’arrive pas à faire le deuil de mes sentiments. Chaque jour quand je me lève j’ai mal au cœur et à l’âme. Je me traîne et je survis mais je ne vis plus.
    
    Nos parents continuent le ridicule bal d’invitations à divers barbecues et apéros qu’ils ont commencé en Juin. Je ne supporte plus l’incertitude de savoir si je vais ou pas te revoir. Je ne vais plus dans la piscine non plus. Le souvenir de ce soir est trop présent dans mon esprit torturé. Ma soeur a cherché à te revoir à tout pris, mais à chaque fois sans succès. Je ne supporte plus de l’entendre se languir de tes talents alors que moi c’est tout mon être qui se meurt sans toi.
    
    Tu es réapparu alors que j’étais sur la pointe des pieds, debout sur un escabeau, en train de ranger un paquet de céréales au fond d’un rayon. J’aurais pu tomber mais tu t’es contenté de me tenir les hanches, posant tes mains au même endroit que ce soir-là. Mon petit cœur déchiré a battu plus vite que jamais auparavant. Mes mains tremblaient un peu quand je me suis retournée vers toi.
    
    Le chaume de ta barbe te masquait à nouveau les joues, pirate de mes deux. La cruelle ...
    ... torture de te voir sans pouvoir t’avoir me frappant à nouveau. Tu m’as lancé un pauvre sourire, apparemment incapable de faire mieux. La poitrine emplie de douleur je t’ai toisé avant de me détourner de toi. Tu as attrapé mon poignet, je suis sûre que tu as pu y sentir à quel point mon pouls était rapide et violent à cet instant. “Il faut qu’on parle”, tu m’as dit avec sérieux. Je venais de remarquer les cernes qui ornaient tes yeux sombres. Je t’ai dit de venir le lendemain, que je serais seule à partir de quinze heures et jusqu’à vingt heures. Que je finissais le travail à quatorze heures trente environ et que nous parlerions alors.
    
    Tu es parti le dos raide, les yeux aussi hantés que les miens. Et moi je me suis demandée ce que je venais de faire. À quel cercle de l’enfer je venais de nous condamner.
    
    ***
    
    Je venais à peine de me glisser sous le jet de la douche quand j’ai entendu la porte de la salle de bain s’ouvrir. C’était toi. Je ne sais pas ce à quoi je m’attendais de ta part mais pas que tu me suives dans la salle de bain ni que tu veuilles à nouveau me voir nue.
    
    Tu as écarté le rideau pour m’observer. Cela faisait deux fois que tu me voyais et moi je n’avais que mes fantasmes pour remplir mes soirées solitaires. Je crevais de te découvrir, de te toucher et te goûter aussi, mais te voir me suffirait. Je me le répétais en boucle, avec la plus honnête hypocrisie du monde. Comme si.
    
    Ce besoin de nudité tu le ressentais aussi. C’est ce que je me suis dit quand tu ...
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