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« Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (2) : « Ubi tu Gaius, ego Gaia »
Datte: 28/08/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... peu d’empressement rencontré, des refus embarrassés et polis qui s’expliquaient par plusieurs raisons : • Dans un monde où les filles se mariaient généralement à 12 ans, voir plus tôt, Tullia, à 16 ans, semblait à beaucoup comme déjà trop âgée ! • La situation financière catastrophique des Tullii et sa contrepartie, les exigences jugées exorbitantes de Marcus en termes de dot, nécessitent des moyens que beaucoup de familles de l’aristocratie romaine n’ont plus ou n’ont pas envie de dépenser, même pour une jeune femme considérée comme la plus belle de Rome. • Enfin et surtout, Marcus était mal vu politiquement par le régime impérial. L’impératrice Messaline avait en vain réclamé la tête du sénateur à l’empereur Claude, ajoutant : « Quant à la petite, elle finira à Suburre » (le quartier chaud de Rome). Le faible Claude avait du respect pour Marcus et avait tergiversé, conseillant à Marcus de se faire discret. Messaline, occupée par ses débauches et ayant dans son viseur d’autres cibles, bien plus prometteuses, avait fini par oublier Marcus. Pour autant s’allier aux Tullii restait un défi à l’impératrice. Inenvisageable ! LE CANDIDAT Marcus commençait à désespérer quand il reçut une demande d’entrevue de la part de Lucius Spurius Lurco. Les Romains avaient trois patronymes : un prénom, un nom de famille, un surnom (un « cognomen »). Par exemple, pour César, Caius Julius Caesar. L’habitude était d’appeler les hommes par leur cognomen. Dans la suite du récit, ...
... nous appellerons donc Lucius Spurius Lurco par son cognomen, « Lurco », ce qui n’était pas très flatteur car cela signifiait glouton ou goinfre, et, en effet, comme en témoignait son embonpoint, ce débauché était plus gourmand que Lucullus, la référence à Rome dans ce domaine. Quant au nom de famille, Spurius, il a été utilisé par plusieurs familles romaines qui avaient des racines étrusques. L'étymologie populaire reliait le nom à la phrase, « sine patre filius », fils sans père. Les Spurius étaient des enfants nés hors mariage. Tout chez Lurco, ses origines, son apparence, son mode de vie, son nom même, suscitait donc le mépris de la part de l’aristocratie romaine : il n’était pas un patricien, il était un « homme nouveau », issu de l’ordre équestre. Sa famille avait commencé à s’enrichir en tirant profit des proscriptions de guerres civiles et avait prospéré grâce à la faveur des empereurs. Lurco lui-même avait été un familier des orgies de Caligula. Il participait aussi régulièrement aux soirées torrides de Messaline, qui l’appréciait énormément parce qu’il savait lui trouver des amants vigoureux, capables de satisfaire ou du moins d’apaiser l’impératrice nymphomane. Lurco possédait plusieurs grandes et luxueuses « insulae » dans Rome, de nombreux esclaves, des terres en Italie et dans diverses provinces, des mines d’argent en Espagne et, enfin, une magnifique et luxueuse propriété au bord de la mer, dans la célèbre cité balnéaire de Baïes, située au nord du golfe ...