1. Le nez - dénouement


    Datte: 21/08/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: J A, Source: Hds

    ... route.
    
    J’ai décidé de me venger des hommes qui ont détruit mon couple. Cela a été facile de les retrouver. Le GPS de la voiture m’a indiqué l’adresse où tu avais passé la nuit. Ils sont voisins ; je les ai tout de suite reconnus. Leurs odeurs, que j’avais senties sur toi, bien sûr ; je les avais mémorisées. J’en ai suivi un, jusqu’à ton entreprise et l’autre jusqu’au laboratoire d’un groupe pharma. C’est lui qui leur procure la drogue probablement.
    
    Je suis un chimiste, comme tu me présentais. Sais-tu ce qu’est un poison binaire ? Il se compose de deux substances, inoffensives séparément mais redoutables une fois combinées. C’est ce que j’ai utilisé sur eux. Un des éléments doit être absorbé, mais un contact cutané suffit pour l’autre.
    
    Un soir, dans un pub, j’ai « sympathisé » avec eux et j’ai offert quelques tournées. Je leur ai administré le premier composant. Deux semaines plus tard je suis venu leur administrer le second, je l’ai badigeonné sur leurs boîtes aux lettres et leurs poignées de porte.
    
    Cela ne va pas les tuer, non. Je ne veux pas qu’ils s’en tirent à si bon compte. Ce poison provoque des lésions nerveuses. Ils vont récupérer peu à peu leur mobilité, mais leur impuissance est définitive. Plus d’érections, punis par là où ils ont péché. Ils m’ont volé ma vie pour assouvir leurs désirs malsains ; ma conscience ne me tourmente pas.
    
    C’est moi qui t’ai pris ton revolver devant chez ton amant. Je venais d’appliquer le second composant, quand je suis ...
    ... tombé nez à nez avec toi. J’ai utilisé un petit spray à base de scopolamine, très, très allégée. J’avais prévu une petite assurance en cas de problème. Cela t’a désorientée et provoqué une petite amnésie. Je n’allais pas te laisser commettre un meurtre, j’avais mieux.
    
    Je réponds aux dernières questions que tu peux te poser. Oui, j’ai eu une aventure avec la jeune femme que tu as vue chez moi. Oui, elle m’a donné ce que tu m’as refusé, mais donné à d’autres. Oui, elle est enceinte. Oui, elle est fiancée.
    
    Non, je ne suis pas le père. Non, je ne suis pas le fiancé. Nous n’étions pas faits l’un pour l’autre. Un jour, je l’ai présentée à un collègue et ça a été un coup de foudre mutuel.
    
    Je lui ai demandé de remplacer sa bague par la mienne, quand tu es arrivée. Je voulais te punir et te chasser, car je ne pardonne pas ta trahison. Si je t’écris, c’est à la demande de mon amie. Elle a été bouleversée par ta réaction quand tu l’as vue et elle m’a fait promettre de te donner des explications.
    
    Je suis effondrée. Je me suis comportée comme une salope sans cœur. Concentrée sur mon nombril, je n’avais pas mesuré l’ampleur du mal que je lui avais fait. Je n’ai pas seulement détruit ma vie, j’ai aussi dévasté la sienne. Pour qu’un homme, aussi doux et gentil que lui, ressente le besoin de se venger, c’est que je lui ai déchiré son cœur et son âme. Je pleure, c’est tout ce que je peux faire.
    
    Je ne comprends pas pourquoi il ne s’est pas vengé de moi. Comme il l’indique dans son ...
«12...456...10»