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Le nez - dénouement
Datte: 21/08/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: J A, Source: Hds
... Alice, qui avait été abandonnée par son mari, après l’avoir trompé. Il avait disparu, mais elle l’avait retrouvé grâce à un détective privé. Je n’ai pas le courage de faire la même démarche. Si je le retrouve, je ne pourrai pas le regarder en face, car je n’ai pas d’explications et encore moins d’excuses, pour ce que j’ai fait. Comme tous les jours, ces derniers mois, je m’assois sur le canapé et j’allume la télé. Peu importe ce qu’il y a à l’écran, je ne regarde pas. Le bruit de fond comble partiellement le vide de mon existence. Je reprends brusquement mes esprits. Mes insomnies nocturnes me provoquent de la somnolence pendant la journée. J’ai l’impression d’avoir raté quelque chose. Je regarde autour de moi, qu’est-ce que ça peut bien être ? Pourquoi ce sentiment d’urgence ? Je regarde la télé, c’est le JT et il y a une interview d’un auteur apparemment célèbre, Eler, connais pas. J’active la fonction replay. Avant ça, une sombre affaire de meurtre et d’erreur judiciaire de la commissaire Sarah Castaing, je m’en fous. Avant encore, un énorme incendie dans un entrepôt de produits chimiques, rien à fou… STOP ! Il est là ! C’est David. J’ai enregistré le JT. Je ne sais pas combien de fois j’ai regardé les images. C’est lui, il fait partie des personnes évacuées des bâtiments alentour, plus par peur des risques chimiques que de l’incendie. Il porte un masque pour protéger son odorat, mais c’est lui, son regard ne trompe pas. Je veux le voir. Je dois le voir. ...
... J’ai besoin de le voir. Je jette quelques affaires dans un sac et je fonce à la gare. Je ne suis pas en état de conduire, mais le train fera l’affaire. Deux heures d’attente et six heures de train plus tard, je suis arrivée. C’est l’aube, je me sens reposée, j’ai dormi quatre heures d’affilée pendant le voyage. Cela ne m’était plus arrivé depuis… oui, depuis. J’ai trouvé un petit hôtel, près de la gare. La chambre n’est pas prête, il est trop tôt. Peu importe, je laisse mon sac et prends un taxi. La fortune souriant aux idiots, le chauffeur connait bien la zone industrielle. Il me conduit jusqu’à un bâtiment, dans lequel une grande marque de cosmétiques fait de la recherche. David ne peut travailler que là. Je me poste dans un coin, derrière des containers. J’ai une vue parfaite sur l’entrée. Les premiers employés arrivent puis c’est le troupeau, et pendant un moment, j’ai peur de le rater. Enfin, il arrive, c’est bien lui, comme dans mes souvenirs. Quand il entre dans le bâtiment, je reprends ma respiration, que j’avais retenue sans m’en rendre compte. Il venait du côté parking, il a donc un véhicule. Je retourne à l’hôtel en bus, m’installe dans la chambre et cherche une agence de location proche. A midi, je suis garée à proximité du parking, mais il n’apparait pas. J’ai oublié de me prendre à manger, tant pis, je n’ai pas faim de toute façon, je suis trop stressée. À la fin de la journée, les gens arrivent au compte-goutte, puis par vagues. J’ai encore peur de ne ...