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Suzanne et les hommes (2)
Datte: 14/08/2022, Catégories: Divers, Auteur: Axelya, Source: Xstory
... votre aise parmi nous ? - Oui Maître, répondit simplement Suzanne, un peu méfiante. - Vous savez… Nous nous connaissons depuis maintenant quelques temps et j’en suis arrivé à vous considérer comme plus qu’une employée, une amie, disons. Tout en parlant, le notaire s’était levé et il se tenait à ce moment derrière elle. Il posa une main sur son épaule. Le geste était doux et chaleureux. — Un homme se sent parfois bien seul, surtout après un divorce. Il peut avoir besoin de réconfort. Qu’une jeune femme aussi séduisante et agréable travaille à mes côtés, qu’elle me prête une oreille attentive, me réjouit au plus haut point. Suzanne ne rêvait pas. Après la proposition indécente de Deluze, voici que Mulatier la draguait ouvertement. Elle répondit avec prudence : — Sachez que je l’ai le plus grand respect pour vous, Maître. Si vous souhaitez me parler de vos problèmes personnels, je n’y vois pas d’objection. Peut-être pourriez-vous venir dîner à la maison, un soir ? C’est un excellent remède à la solitude et je suis sûre que mon mari serait ravi de vous recevoir. Maître Mulatier retira sa main. — Je vous remercie et je prends note de votre invitation. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Le notaire arborait un sourire radieux tout en la raccompagnant jusqu’à la porte du bureau. Une fois dans le couloir, Suzanne poussa un soupir de soulagement. Non, décidément, ce bonhomme n’était pas méchant et, comme il le disait, il devait se sentir ...
... bien seul pour s’épancher ainsi auprès d’elle. Pendant le trajet de retour à la maison, tout en conduisant, elle rejoua dans sa tête le travail quotidien au cabinet. Le notaire l’appelait de manière quasiment systématique lors des signatures. Le bonhomme était distrait comme ce n’est pas permis. Une fois, il oubliait un papier aux archives, l’autre il requérait des photocopies qu’elle aurait pu préparer à l’avance. Les clients observaient les formes agréables de Suzanne et elle imaginait la jalousie des femmes. Ce petit manège se répétait parfois plusieurs fois pendant une même séance. Elle le soupçonnait de vouloir détourner l’attention. Une autre explication lui venait à l’esprit : il aimait la voir déambuler dans le bureau. C’était sa manière à lui de dire : « regardez cette jeune femme désirable, elle est à mon service exclusif ». Elle comprenait mieux certains sous-entendus, des remarques en apparence anodine : « Vous ne fumez pas au moins ? Quelle détestable habitude ! Et qui gâte le teint à ce que j’ai ouï dire. Un cognac accompagné d’un bon cigare, je ne dis pas non, mais cela doit rester l’exception. Vous êtes si fraîche, délicieuse. Non, décidément, vous ne devez pas fumer. » Tout en parlant il posait la main sur son avant-bras. Comme toutes ces attitudes et ces mimiques lui paraissaient scabreuses tout à coup ! *** Vint le dimanche soir. Tout en se brossant les dents, Suzanne pensait à la journée du lendemain. Comment vais-je arriver à dormir ? se ...