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Suzanne et les hommes (2)
Datte: 14/08/2022, Catégories: Divers, Auteur: Axelya, Source: Xstory
— Deluze veut te voir dans son bureau. Visiblement, c’est urgent. Suzanne venait juste d’arriver à l’étude notariale, avec un peu de retard. Isabelle, à l’accueil, l’avait tout de suite apostrophée. — Désolée, dit Suzanne, un souci de voiture. Tu as une idée de ce qu’il veut ? - Non, pas la moindre. Deluze était l’autre clerc de l’étude. Il invita la jeune femme à prendre place dans le fauteuil en face de lui. — Suzanne, je ne vous cacherai pas que nous avons un gros problème. Il lui tendit une liasse de papier. Suzanne parcourut le document. Il s’agissait d’un extrait comptable. Des lignes étaient surlignées Rapidement, elle comprit que l’on avait manipulé les chiffres. Les revenus paraissaient justes mais les dépenses dépassaient les montants habituels. Il poursuivit : « je – et ce « je » sous-entendait que Maître Vidal et Maître Mulatier n’étaient pas informés – soupçonne Lambert de malversations. » Ce Lambert était le comptable. — Notre cabinet négocie des transactions qui se chiffrent en millions d’euros. Lambert pensait sans doute que de petites sommes passeraient inaperçues… Il va de soi que nous allons devoir nous séparer de lui. S’il s’engage à rembourser, nous n’entamerons pas de poursuites. Le scandale ruinerait notre réputation. Reste votre cas. Il se pencha vers elle, posa la main sur son bras. — Voyons. Cela fait combien de temps que vous avez rejoint ce cabinet ? Un peu moins de six mois ? Il n’attendit pas sa réponse. Sa ...
... phrase tomba comme un couperet. — Vous êtes encore en période d’essai. Suzanne répondit : — Je ne saisis pas bien le rapport. Lambert s’est peut-être servi dans la caisse mais je n’ai rien à voir avec ses… tripatouillages. - Je ne doute pas un seul instant de votre honnêteté. Mais ces affaires vous concernent. Lambert les a ciblés en se doutant que les jeux d’écriture échapperaient à une novice. Vous n’avez pas su déceler ces détournements. Il sera difficile de persuader le système judiciaire que vous n’étiez pas complice. Heureusement, Suzanne était déjà assise sinon elle se serait effondrée. Sa mise en examen signifierait immanquablement une radiation de l’ordre. Sa vie professionnelle était fichue. Deluze lui laissa le temps d’appréhender la situation. — Je vais vous couvrir. Sachez que je cours un gros risque. Ma carrière est en jeu. Vous me serez redevable, à vie peut-être. En retour j’attends un engagement total et aveugle de votre part. Je serai amené à vous demander de me rendre de menus… services dans les semaines qui viennent. Vous avez un peu de temps pour réfléchir mais je veux une réponse lundi prochain. Et il ajouta en chuchotant cette fois : — J’adore ton style bon chic bon genre, avec ton chignon, tes lunettes et ta paire de nibards tellement proéminents que ton chemisier parait toujours sur le point d’éclater. Si tu savais comme j’ai hâte de te la mettre dans le cul… De retour dans son bureau, Suzanne retint ses larmes non sans peine. ...