1. Suzanne et les hommes (2)


    Datte: 14/08/2022, Catégories: Divers, Auteur: Axelya, Source: Xstory

    ... Sa vie, bien sagement programmée, menaçait de s’effondrer. Elle imaginait le déshonneur total si l’affaire éclatait. Virée. Ses parents la renieraient. Il ne lui resterait pour seule issue que de se plier aux conventions, devenir mère au foyer et pondre une flanquée de moutards, à condition, toutefois, que Romuald couche avec elle au moins une fois par an. Restait l’alternative. Elle n’avait aucun doute sur ce que Deluze attendait d’elle : qu’elle se comporte comme la dernière des putains. Il l’entraînerait à l’hôtel, dans une relation adultère. Pire encore, ce genre d’individus pervers n’hésiterait pas à la livrer à d’autres hommes, non sans prendre des photos compromettantes. Deluze n’était pas vraiment laid, certaines le trouveraient sûrement à leur goût, mais le procédé dont il usait le rendait absolument répugnant à ses yeux.
    
    Dans le même temps, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une excitation certaine à la perspective d’être ainsi humiliée. Son imagination galopait comme jamais, ce qui se traduisit bientôt par l’humidification de sa culotte en soie.
    
    Suzanne eût beaucoup de mal à se concentrer sur son travail le reste de la journée. Elle finit par se dire que, dans le délai d’une semaine qui lui était alloué, elle aurait largement le temps de trouver une solution.
    
    Elle avait rendez-vous le lendemain avec Maître Mulatier, pour faire un point sur les dossiers en cours de traitement. En fin de journée, elle frappa à la porte du bureau et le notaire lui ...
    ... répondit aussitôt d’entrer.
    
    Ce qui frappait en premier, en entrant dans la pièce, était la véritable passion que le notaire vouait à Napoléon 1er. Le mobilier et la décoration dataient de la période allant de la fin du XVIIIème siècle au début XIXème. Les bibelots en bronze véritable, répartis un peu partout sur les meubles, se subdivisaient en un nombre très limité de catégories : l’Empereur en buste et l’Empereur à cheval. Une superbe reproduction de Napoléon sur le champ de bataille d’Eylau par Antoine-Jean Gros couvrait pratiquement un mur, entre deux étroites bibliothèques remplies d’ouvrages historiques reliés plein cuir.
    
    Maître Mulatier avait dépassé le mitant de la cinquantaine. C’était un bonhomme jovial et rondouillard, d’une cordialité franche, dénuée de cette obséquiosité si fréquente dans la profession. Suzanne ne pouvait cependant s’empêcher de penser que transpirait dans son attitude un je ne sais quoi de menaçant qui lui conférait une autorité certaine, indéniable avantage qui renforçait son statut de patron et de représentant de l’ordre social. Il ordonnait, on exécutait.
    
    Il avait toujours été enthousiaste à son sujet, l’encourageant et la complimentant sur son travail. Ce jour-là, il n’y avait pas grand-chose à dire sur les affaires en cours. Suzanne commença à se poser des questions. Visiblement, Maître Mulatier cherchait à prolonger leur entretien sur le terrain privé.
    
    — Tout se passe bien pour vous ? lui demanda-t-il. Je veux dire vous vous sentez à ...