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Abalatax ! (1)
Datte: 29/07/2022, Catégories: Divers, Auteur: megalosex, Source: Xstory
Une petite histoire aux airs de western, ça vous dit ? Un « one shot » comme disent les Franglais (tout se passe en deux heures environ). Entièrement inventée. Donc toute ressemblance avec des faits ou des personnages existants ou ayant existés, ne saurait être que fortuite. §§§§§§§§§§§ Tapassambal (Arizona- USA). Matinée du six mai 1876 Par la fenêtre de la grange, le maire observait la foule entourant le bâtiment. Combien pouvaient-ils être ? Cinq cents ? Six cents ? Plus ? Il était inquiet. Bien que tous ces gens fussent calmes, on les sentait déterminés. Et d’autant plus, que de temps à autre, sur un ordre invisible, ils tendaient leurs poings vers le ciel et de leurs poitrines sortait ce cri de révolte, toujours le même :Abalatax ! (1) Cinq jours … Cela durait depuis cinq jours. La circulation était devenue difficile … « Ils » avaient occupé tous les carrefours menant à Tapassambal. La grosse bourgade était isolée du reste du comté et même du territoire. Son conseil municipal, sous la conduite du maire, Manuel Mac Korn, avait décidé de taxer « leurs » mustangs, au motif que ces derniers broutaient parfois l’herbe des prairies appartenant aux fermiers du coin. Et « ils » s’étaient révoltés. « Ils » … C’étaient les Indiens de la tribu des Pieds-Jaunes. Depuis peu, on les avait cantonnés sur un territoire, vaste aux dires des autorités, mais ridiculement petit pour ces hommes fiers, habitués aux grands espaces. Et maintenant, ils étaient là, par centaines, ...
... autour de la grange. Ils avaient eu vent de la convocation d’un conseil municipal extraordinaire chargé de décider s’il convenait ou pas, d’abroger cette taxe. Un moyen de pression, en quelque sorte. Et c’était là que résidait l’inquiétude du maire. De nombreux citoyens ayant désiré assister à cette séance, et la salle de la mairie étant trop petite, on lui avait suggéré cette bâtisse en bois, surélevée, d’un seul niveau, et pouvant accueillir plus de monde. Le problème était qu’elle était située un peu à l’écart du bourg, ce qui avait facilité son encerclement par les Pieds-Jaunes. Il était trop tard pour reculer. Manuel Mac Korn sortit sa montre de son gousset : 9 h 45. Sur l’estrade, le conseil municipal était là, au grand complet. Dans la salle, on avait installé des bancs pour le public : il y avait là, une cinquantaine de personnes. — Alors, monsieur le maire, on la commence cette séance ? Nous n’avons pas que ça à faire ! Cette voix nasillarde, cet accent traînant du Sud … Le maire n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qui l’apostrophait : John Penn. Un bonhomme haut en couleur, avec son bandeau sur l’œil. Ce lascar ne faisait pas mystère de ses opinions. Il se plaisait à dire qu’il avait combattu dans les rangs de l’armée confédérée durant la Guerre Civile (2) et qu’il avait perdu un œil à la bataille de Gettysburg. Et il se plaisait à se faire appeler «John Lee Penn »(3). En soupirant, le maire se dirigea vers l’estrade. On y avait installé des ...