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Une histoire qui ne doit pas s'ébruiter
Datte: 22/07/2022, Catégories: fh, uniforme, confession, mélo, policier, Auteur: Radagast, Source: Revebebe
Je me promène dans le jardin, un verre à la main, passant de groupe en groupe, écoutant une discussion de-ci, participant à une autre de là. J’avais été convié à une petite sauterie organisée pour le départ en retraite d’un collègue et surtout ami. J’y retrouve de vieilles connaissances et découvre une autre facette de la vie de mon vieux compère. Avant de s’occuper des arbres, il bourlingua en Afrique en tant que militaire. À quels poste et grade, je n’en ai aucune idée ; revenu en France, il travailla un temps dans la gendarmerie puis intégra l’Office National des Forêts. Aussi ne suis-je pas surpris de me retrouver en compagnie d’ex-militaires et gendarmes. Certains toujours d’active et la plupart à la retraite. Ils peuvent sembler revêches au premier abord, mais aussitôt qu’ils tiennent un verre de muscat ou de Macallan à la main ils deviennent très diserts et de plaisante compagnie. Perdu dans mes pensées, je ne vois qu’au dernier moment une fort jolie jeune femme s’approcher de moi. — Bonjour. Marie, de la caserne de Saint-Albaret. — Enchanté. Ce sera un plaisir de me faire verbaliser par vous. Elle éclate de rire. — Jean-Mimi m’a expliqué que vous aimiez vous amuser de tout, c’est vrai ? — Je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer. Ce n’est pas de moi, mais de Beaumarchais. — Joli. Vous vous connaissez depuis longtemps tous les deux ? — Bien avant que vous ne fussiez née, jolie damoiselle. Elle me fait un petit ...
... sourire mutin bien agréable. Si j’avais quelques semaines de moins… Bref, ne rêvons pas. — Il m’a expliqué que je pouvais vous faire confiance, car j’ai un service à vous demander, mais je voudrais que cela ne s’ébruite pas. — Aucun souci, je sais devenir muet quand il le faut. À moins que vous ne me proposiez des choses que la morale réprouve, je me verrais alors dans l’obligation d’accepter le plus rapidement possible, si elles se déroulent avec vous. Son rire éclate de nouveau, en même temps qu’une jolie carnation rosée envahit son visage. — Vous êtes vraiment insupportable. — Je ne sais pas comment je fais pour me supporter moi-même… mais revenons à nos moutons. — Il paraît que vous écrivez ? — Qui vous a dit ça ? — Jean-Mimi. Je lève les yeux et je le vois porter un toast en ma direction. — Il raconte n’importe quoi. Je n’écris pas, je ponds quelques petits textes pour passer le temps, rien qui ne vaille de se relever la nuit. — J’en ai pourtant lu quelques-uns qui m’ont plus. — Vous n’êtes quand même pas allée sur Rêvebébé pendant vos heures de service, dis-je à voix basse, faussement outré. — Non, Jean-Mimi m’avait prévenue que vous étiez un grand gamin. — Vous désirez un autographe, une photo ? Je ne me pensais pas aussi célèbre. Elle éclate de rire à nouveau et cette fois tous les regards se tournent vers nous. — Oups, ils vont s’imaginer des choses. En quoi puis-je vous être utile ? Elle hésite, se dandine, puis me tend un gros carnet ...