1. Chroniques pénitentiaires d'une rebelle 7


    Datte: 26/05/2022, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Sappho, Source: Hds

    ... finir esclave sexuel quand on vit en vase clos.
    
    D’accord ! En bonus, les problèmes ont été résolus à moindre coût. C’est plutôt bien pensé, je le reconnais, baiser me maintient à flot ces derniers temps. Tout le monde n’en profite pas, mais savoir que c’est toléré suffit à désamorcer beaucoup de conflits. Le cul, c’est bien ce qui fait tourner le monde avec le fric, et comme l’argent ne sert à rien ici... La journée va passer vite à la buanderie, Christelle doit avoir un sacré paquet d’histoires en réserve. C’est marrant, je me sens un peu comme à la fac, quand j’essayais de faire parler un prof d’un sujet spécifique en dehors des cours.
    
    – Girard, Marvault, venez avec moi s’il vous plait.
    
    Vêtue de l’uniforme de l’administration pénitentiaire, le gilet de protection en moins, la jeune femme venue nous débaucher à la buanderie n’a pas l’habitude de donner des ordres, plutôt d’en recevoir. La peur de la punition s’évapore, j’imagine mal une nana à la voix si délicate nous amener au mitard, surtout avec une formule de politesse. On dirait davantage une bureaucrate qu’un agent de terrain. Elle nous tient la porte en plus, et nous sourit au passage. Là, on nage en plein délire, Christelle ne voudra jamais me croire quand je lui raconterai.
    
    Après la cour de promenade encore à l’ombre à 8 heures du matin, la porte grillagée que nous a fait emprunter la surveillante en chef dimanche dernier, le chemin le plus direct pour accéder au bâtiment administratif. Jusque là, rien ...
    ... de suspect. Punaise ! Ça ne rigole pas, tout le monde bosse déjà, y compris le directeur dans son bureau ouvert pour montrer à la cantonade qui est le boss. Le tyran vindicatif nous ignore au passage, trop occupé à houspiller la secrétaire au sujet d’un retard de livraison auquel la malheureuse ne peut certainement rien. Les éclats de voix nous accompagnent jusqu’à l’ascenseur. Mouais, je préfère l’atmosphère cool de la buanderie.
    
    Le ton change au quatrième et dernier étage composé d’une vaste pièce éclairée par des lucarnes, comme nos cellules. Un gobelet de café fume sur le bureau à l’entrée, il y du laisser aller dans la tenue vestimentaire de la quinquagénaire dont l’échancrure de la chemise bleue baille largement, la cravate règlementaire a disparu. Le patron ne doit pas monter souvent aux archives, voire jamais. Le seul inconvénient de travailler ici, c’est la chaleur, encore supportable grâce aux deux énormes ventilateurs rotatifs, mais pour combien de temps ; heureusement, d’après mon sens de l’orientation, cette façade n’est jamais exposée au soleil.
    
    – On a un souci avec la climatisation, soupire celle qui est venue nous chercher. Girard, vous êtes douée en mécanique, à ce qu’on m’a dit. Marvault, vous lui donnerez un coup de main.
    
    On a compris, pourquoi payer un technicien quand il y a tant de détenus corvéables à disposition, inutile de jeter le fric par les fenêtres. La santé du personnel est moins importante que la rémunération des actionnaires.
    
    – Vous ...
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