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Balbutiements (4)
Datte: 05/05/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Anthynéa, Source: Xstory
... hommes. Le temps me file entre les doigts et à mon retour, Michel vient de mettre son bateau à l’eau. Il est à quelques longueurs du bord et en guise de coucou, un balancement de sa main. Bon ! Eh bien tant pis ! Pour midi, Monsieur déjeunera selon mon bon plaisir. Je venais lui demander ce qu’il désirait, mais puisqu’il navigue en eaux froides... Des pâtes et une salade pour supporter le diner surement plus conséquent que j’ai prévu font l’affaire. Je suis inquiète pas seulement par l’arrivée de Dimitri, mais aussi parce que le lac en hiver, c’est aussi un grand risque. Nous ne savons rien de ce jeune type qui doit accompagner Michel dans une partie de bateau. L’eau est glacée en cette saison et un séjour trop prolongé dans cette flotte peut être… définitif, même en sachant nager. Notre repas n’est pas un moment de détente, loin de là. Mon mari d’une voix qui se veut rassurante m’explique qu’il sera prudent, ce à quoi je rétorque que s’il est certain de ce qu’il fait lui, pour son acolyte, il ne peut qu’interpréter. Mais les dialogues tendus ne retiennent pas les minutes ou les heures. C’est donc ainsi que ponctuel, Dimitri se présente à la porte à quatorze heures pétantes. Je me ...
... demande même s’il n’a pas attendu dans sa voiture dans un endroit pour être pile-poil à l’heure. Il est sapé super classe. Un pantalon aux plis parfaits, un blouson qui camoufle un pull très tendance et des chaussures vernies. Dans la main gauche un énorme bouquet… de fleurs coupées. Et de l’autre une bouteille… politesse oblige. Le mélange d’Amaryllis et d’hellébores termine son voyage dans un vase sur la table. Pas de présentation intempestive puisque nous avons en d’autres circonstances fait connaissance. Il a l’air très heureux d’être là. J’imagine bien ce qu’il doit penser. Après avoir pris un café en ma compagnie, les deux compères prennent le large, chaudement chaussé et habillé pour le pôle Nord. Je les vois partir lentement sur le miroir sombre frissonnant dans ce début d’après-midi. Les deux jettent un regard vers la baie vitrée derrière laquelle je suis retranchée. Il fait trop froid pour que je l’ouvre. Alors pas de bras qui s’agite en guise d’au revoir. Le sillage laissé par l’hélice qui propulse la barque marque leur trace. Je grelotte par la pensée pour ces pêcheurs impénitents. Quel poisson serait assez fou pour sortir par une température aussi basse ? — oooOOooo — À suivre…