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Qui fait l'ange fait la chienne (13)
Datte: 24/04/2022, Catégories: Trash, Auteur: blueyes, Source: Xstory
... demandes pécuniaires. Pas des sommes folles, non, mais chaque matin, juste avant que je parte à la fac : — Ça ne t’embête pas de me dépanner de 200 € ? Je m’empressais de sortir l’argent de mon sac, trop heureuse de lui rendre service, de lui prouver à si bon prix mon amour. Mais mon fric ne forçait pas son respect. Au contraire. À ses yeux, je n’étais qu’une conne de petite bourgeoise. Il est évident qu’un mépris de classe se surajoutait à sa misogynie. Réfractaire à toute relation durable, il envisageait de très bientôt me jeter. Mais pourquoi ne pas s’amuser encore un peu ? Jusqu’où allait-il pouvoir avilir ce jouet stupide ? Il avait une idée bien précise derrière la tête, mais il fallait me mettre en condition. Comment ? Par l’abstinence ! Après ma première sodomie, après des émotions sexuelles aussi intenses, je m’attendais à la constance, à la régularité des débordements charnels. Que nenni ! Aux déchaînements orgasmiques succéda, sans transition, la mortification. Quatre jours durant, je fus privée de sexe. Une situation terriblement humiliante. Un soir, deux soirs, trois soirs, quatre soirs sans qu’il daigne me prendre ! Pourtant je n’attendais que ça. Je n’espérais que ça. Mais il se moquait de mes tentatives dérisoires pour éveiller son désir. Chaque jour, mon incompréhension grandissait. J’étais pudique, mais il était évident que dans mes regards, mes moues, mes minauderies, mes postures, je réclamais du sexe ! Chacun de mes ...
... mouvements était un appel que lançait mon corps à sa queue. Mais j’eus beau tortiller de la croupe, me dandiner nue sous ma nuisette en satin, me frotter à lui comme une chatte en chaleur, il resta de marbre. Le plus cruel ? Il bandait ! Quand je me collais à lui, je sentais sa magnifique pine, raide, dans son boxer. Mais au lieu de passer à l’acte, il me repoussait avec condescendance. Sans un mot. Sans une explication. Sans brutalité non plus. Juste comme on repousse une chose importune. Je n’avais pourtant pas d’hallucinations : l’imposante turgescence gonflait ses sous-vêtements. Mais visiblement, je ne la méritais pas ! J’en gémissais de frustration. Son attitude était injuste, et pourtant, en mon for intérieur, je donnais raison à son dénigrement. J’étais envoûtée. Je ne vivais que pour satisfaire cet homme. Et je m’en voulais, car de toute évidence, je n’étais pas à la hauteur ! J’échafaudais des théories. Pourquoi se comportait-il ainsi ? Me trompait-il ? Pas la nuit, en tout cas. Il n’en avait pas l’occasion. Finalement, Thibaud était très routinier. Très casanier aussi. Il ne sortait jamais. Excepté le jeudi soir, où il avait coutume de rejoindre ses amis au bar. Hors de question de le lâcher d’une semelle. Il n’avait aucune envie de m’emmener, mais je m’incrustais. Monsieur picolait avec ses potes. Et moi je restais plantée comme une potiche, masquant mon ennui, adoptant le rôle de la mignonnette un peu niaise qui réagit toujours avec grâce, même aux propos ...