1. Qui fait l'ange fait la chienne (13)


    Datte: 24/04/2022, Catégories: Trash, Auteur: blueyes, Source: Xstory

    Notre histoire dura encore cinq jours. Pas un de plus !
    
    Rupture express. Tous mes pronostics déjoués. Pourtant, j’étais persuadée que notre relation se renforcerait au fil des semaines, des mois, des années. Un engagement à vie !
    
    Plus dur fut l’atterrissage.
    
    Mon aveuglement était à mettre sur le compte de ma jeunesse, de mon inexpérience. La naïveté d’une âme romantique en quête d’absolu.
    
    Grâce à Thibaud, l’existence était devenue si intense. Si dense.
    
    J’envisageais ce salopard quasiment comme un dieu. Je voulais croire en lui ! J’avais foi en sa beauté, son charme, son charisme, son audace ! Et dans mon égarement, je travestissais ses défauts – pourtant flagrants – en qualité. Il bafouait mon féminisme. Il niait mon identité, ma singularité de femme. Il me rabaissait, m’insultait constamment. Mais dans sa bouche, les injures n’étaient plus des offenses : au contraire, elles consacraient le caractère outrageusement exceptionnel de notre passion. Il n’était pas odieux, mais entier, un anticonformiste qui refuse les compromis sociaux et moraux. Et il attendait de moi la même hardiesse.
    
    Il avait brisé mes tabous, m’avait révélé la jouissance. Cet épanouissement, cette libération, ne pouvaient pas rimer avec asservissement.
    
    Je celais ainsi ma dépendance, persuadée que mes sentiments étaient partagés.
    
    Je confondais ses pulsions de mâle pervers avec des sentiments sincères et durables. Or, Thibaud était un incurable amputé du cœur. Cet infâme misogyne ...
    ... considérait les femmes comme une engeance inférieure, des êtres qui n’ont qu’une utilité sexuelle. Et aucun autre intérêt. Interchangeables, on les jette après usage...
    
    Alors pourquoi avait-il voulu que je m’installe chez lui ? Mon innocence l’excitait, sans doute. Mes pudeurs, mes réserves, mes blocages, toutes mes résistances représentaient un défi amusant à relever. Et il était d’autant plus plaisant de me salir que ma pureté était hypocrite. Qu’un homme puisse éjaculer dans ma bouche, que je puisse avaler du sperme, que je puisse laisser un inconnu m’éjaculer au visage : tout ce que je prétendais détester, il me l’avait fait adorer.
    
    Puis, par mon refus de me laisser facilement sodomiser, j’avais encore su préserver une ultime part de mystère. Mais j’avais fini par lui donner mon cul. Comme le reste.
    
    J’avais enfreint, progressivement, l’un après l’autre, tous mes principes. Et Thibaud exigeait toujours plus.
    
    Tant mieux, car ma passion était infinie.
    
    Chaque fois que je cédais à ses exigences, je croyais l’attacher plus solidement, alors qu’au contraire je le perdais un peu plus. Mes attraits s’évaporaient à mesure qu’il les consommait.
    
    Ma valeur sexuelle s’était rapidement dégradée. Maintenant qu’il avait profité de mes trois orifices, je n’avais plus grand-chose à offrir. La monotonie de la monogamie l’ennuyait plus que tout.
    
    Je préservais quand même un intérêt : mes parents avaient du fric. Ainsi, ses rares accès de gentillesse coïncidaient avec des ...
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