1. Echappée belle. (4)


    Datte: 12/04/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Duchesse, Source: Xstory

    ... découverte ? Quoi qu’il en soit, mon excitation latente, portée par la foudre, épiçait la situation d’un petit goût d’exceptionnel. L’entendant remuer ciel et terre parmi nos affaires, je me demandai ce qu’il pouvait bien chercher aussi désespérément à cette heure-ci. Je me redressais lorsqu’il éructa un « haha… » de satisfaction et, tout à son engouement, il me saisit par la main pour m’embarquer dans une folle farandole à travers la maison et ne me lâcha que lorsque nous fûmes dans le jardin sous la pluie.
    
    En à peine quelques secondes, je me retrouvai trempée comme une soupe. Je criais et riais comme une démente : il y avait longtemps que je n’avais pas ri de si bon cœur ! La pluie s’écrasait sur nous, lourde et chaude à la fois, à la température de l’eau qui a stagné dans le tuyau d’arrosage l’été au soleil. Je riais comme pendant les batailles d’eau de mon enfance. Les gouttes étaient grosses comme des grêlons, mais chaudes et douces comme le sable de la plage en plein été.
    
    Luc me regarda, agrippa ma chevelure détrempée qui tombait en deux rideaux de part et d’autre de mon visage, m’embrassa avec la passion d’un premier – ou d’un dernier – baiser, puis reprit sa course folle vers le village aux rues escarpées.
    
    La Maglite (lampe torche) dans une main et la mienne dans l’autre, il m’entraîna à sa suite avec un enthousiasme propre à la jeunesse. Nous courûmes à perdre haleine, passâmes sous un pont et débarquâmes en amont d’un passage littéralement transformé en ...
    ... rigole naturelle. Les précipitations tombaient avec une telle abondance que mes pieds nus étaient recouverts d’une pellicule d’eau qui n’en finissait pas de dévaler les rues. À l’instar de la pluie qui semblait vouloir raviner les pavés, nous nous allongeâmes sur le sol. Je me retrouvai le cul à l’air, les fesses dans l’eau, la raie faisant office de gouttière. C’est à ce moment-là seulement que je réalisai être partie en expédition cul nu ; pour autant, je ne m’en formalisai pas dans ces lieux presque privatisés. Nous descendîmes quelques mètres sur les fesses, emportés par le ru que formaient les intempéries.
    
    L’eau sous les fesses et sur le chef, je vivais l’impressionnante tempête, qui se faisait aussi bienveillante qu’enveloppante, comme une provocation faite à mes sens. Alors, lorsque notre course fut stoppée par un faux plat du relief montagneux, je me débarrassai de cet engonçant vêtement indécemment plaqué à ma silhouette, me jetai à corps perdu sur mon amant et l’embrassai fougueusement. Je me penchai au-dessus de son corps, écrasant mon opulente poitrine contre son torse, et l’empêchai de se dérober à mes baisers aux relents de culpabilité.
    
    Chassant ainsi le frais souvenir de mon « pas de côté », j’ancrai ma langue dans sa bouche avec la même force que celle que je déployais pour m’ancrer dans ma relation. Je ressentais un besoin impérieux de me confesser, mais je n’en avais pas l’audace ; j’avais aussi une furieuse envie qu’il me prenne tout entière, comme pour ...