1. Echappée belle. (4)


    Datte: 12/04/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Duchesse, Source: Xstory

    ... lumière, ou bien était en train de nous photographier. Mais il n’en était rien : seul le ciel immortalisait le début de nos ébats. Plusieurs fois consécutives, le ciel se fendit d’éclairs roses et silencieux, rappelant le flash d’un appareil, nous plongeant dans la clarté d’un après-midi d’été.
    
    Le son vint habiller l’image et le tonnerre éclata dans un fracas qui laissait à penser qu’il se trouvait tout proche de nous ; des cris et des rires masculins s’ensuivirent. Une pluie diluvienne se mit à tomber sur les trois restés à deviser dehors. Je supposai le branle-bas de combat des hommes pour rentrer s’abriter, et la panique me gagna à l’idée de me faire attraper en plein adultère. Dans l’urgence de la situation, je me relevai et chassai Sacha plus brusquement que je ne l’aurais réellement souhaité. Je la repoussai en accompagnant mon geste d’un :
    
    — Va-t-en ! Vite, faut que tu partes : si mon mec débarque, je suis dans la panade !
    
    Elle n’eut pas le temps de piper mot que j’étouffai dans l’œuf toute tentative de discussion en lui jetant au travers du visage sa robe restée en bouchon sur le lit. Elle resta une fraction de seconde ébaubie mais fila sans demander son reste au moment où la voix éméchée de Luc s’adressant à ses adjudants de soirée vint légitimer mon appréhension :
    
    — Il faut qu’elle vienne voir ça, j’vous dis. C’est magnifique, elle va A-DO-RER ; elle adore les orages, et moi aussi. Comme le personnage qu’elle aime bien, là… comment s’appelle-t-elle ...
    ... déjà… Bref ! J’vous dis qu’elle m’en voudra demain si je lui raconte et que je ne l’ai pas réveillée. Chuuuuut, blablata ma moitié.
    
    Rongée jusqu’à l’os par la crainte qu’il ne découvre le pot aux roses, j’enfilai un grand tee-shirt à lui qui traînait dans les parages, comme si j’étais coupable de m’être couchée nue, rabattis le drap sur moi, fis semblant de dormir, et c’est le Luc toujours très épris passé quelques verres qui vint me « réveiller ». Il fit une entrée en fanfare dans la pièce et tomba plus qu’il ne se posa à côté de moi :
    
    —Bella, Bella, réveille-toi, me dit-il en enfouissant son nez dans mon cou.
    
    Il me gratifia de quelques bisous esquimaux aromatisés par son haleine chaude et alcoolisée qui, ma foi, ne me déplut pas. Mon cœur battait à tout rompre ; je m’étais mise dans de beaux draps, au sens propre comme au sens figuré. Malgré tout, je fus tellement soulagée de constater qu’il avait une attitude égale à lui-même, et que par conséquent il ne devait se douter de rien, que je me laissai prendre à son jeu et fis mine d’entrouvrir les yeux. De son côté, il ouvrit en grand les draps en se justifiant :
    
    — Bella, lève-toi, viens voir l’orage !
    
    Un coup de tonnerre caverneux au volume sonore intimidant ponctua sa phrase ; quant à lui, il ponctua ce grondement d’un bisou sur une de mes fesses et d’une claque sur l’autre. Le fond de l’air chargé en électricité ajoutait un je-ne-sais-quoi de particulier à l’atmosphère ; ou peut-être était-ce mon anxiété d’être ...