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Trois hommes dans un bateau (sans oublier leur chibre) (2)
Datte: 14/03/2022, Catégories: Divers, Auteur: Mir, Source: Xstory
... vous êtes dans une tente, qui ne résiste pas à de si amples mouvements et s’effondre sur vous. Votre naïade se dépêtre tant bien que mal de vos affaires et parvient à sortir en vous maudissant. Vous espérez que le bruit n’a pas réveillé ses parents. Mais vos espoirs sont vains : votre naïade trébuche sur vos assiettes et met manifestement le pied dans la casserole (souvenez-vous, la « vaisselle naturelle » à l’eau de pluie), produisant un tintamarre digne de cloches d’église un jour de mariage (c’est pousser bien loin son entrainement au mariage) et tombe en lançant un juron tonitruant, bien surprenant pour une jeune fille de bonne famille (mais pas tant que ça venant d’une bouche suçant si bien) Aux bruits venant de la péniche pleinement éveillée, notamment les cris d’une mère effrayée et ceux d’un père hors de lui, vous comprenez que vos flâneries et galipettes le long du fleuve s’arrêtent là : il y a fort à penser que prisonnier de votre toile de tente, vous allez périr sans gloire sous les coups assénés par le Père Blessé dans son Honneur, coups portés avec votre propre casserole. ¨˜"°º••º°"˜¨¨˜"°º••º°"˜¨¨˜"°º••º°"˜¨¨˜"°º••º°"˜¨ Nous décidâmes donc que nous coucherions à la belle étoile lorsqu’il ferait beau et que nous irions à l’hôtel ou à l’auberge, comme des personnes respectables, lorsqu’il pleuvrait, ou simplement pour le plaisir du changement. Montmorency accueillit cette décision avec satisfaction. La solitude romantique des berges d’un fleuve ...
... n’est pas son fort. Ce fox-terrier, aux apparences trompeuses d’ange envoyé sur terre capable de faire pleurer de tendresse les vieilles gens, ne se sent exister que dans le désordre, que dis-je : le tapage et le chaos. Quand il commença à jouer les pique-assiettes chez moi, je m’étais apitoyé et lui avais ouvert largement ma porte, me disant que le pauvre être angélique avait peu à vivre et serait bientôt emporté aux cieux par les séraphins au milieu de nuages bleus. Que nenni. Après avoir remboursé une demi-douzaine de poulets étranglés par ses soins, l’avoir retiré de quatre-vingt-treize bagarres de rue par la peau du coup, tenté de le retirer d’au moins autant de coïts (en vain, il avait dans ce cas la dent facile), répondre au commissariat de l’égorgement « d’une sauvagerie inouïe » du chat de mon voisin (qui pour dédommagement avait accepté, maugréant, les faveurs de ma bonne) et dû raser les murs plusieurs semaines dans mon quartier après que ce chien-démon a confondu la maraichère à quatre pattes (cherchant sur le trottoir de la monnaie tombée) et quelque chienne en chaleur, il fallut me rendre à l’évidence. Montmorency était dans mon appartement pour y rester, et il risquait de passer bien du temps avant d’un quelconque séraphin s’intéresse à lui. Montmorency, donc, accueillit avec joie la perspective de loger de temps à autre dans auberges et hôtels : il aurait l’occasion d’y faire bien plus de dégâts que sur les berges de la Tamise, sans compter qu’il ...