1. Le grimoire


    Datte: 04/03/2022, Catégories: fh, fhh, extracon, profélève, grossexe, bizarre, campagne, Collègues / Travail Oral pénétratio, Partouze / Groupe fsodo, conte, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer

    Le fourgon, coiffé d’échelles et d’éléments d’échafaudage, s’arrêta devant la vieille église. Un jeune homme en descendit, le maire était déjà là.
    
    — Salut, Rodolphe.
    — Bonjour, Monsieur le Maire. Alors, qu’est-ce qui y a pour vot’service ?
    — Ben voilà, Rodolphe. Y a trois ans, on a refait la toiture de l’église. Mais on n’avait pas assez de sous pour celle de la sacristie. Alors tu vas voir l’étendue des dégâts…
    
    Il poussa la petite porte de bois et entra, suivi du jeune homme. Celui-ci émit un long coup de sifflet et déclara ;
    
    — Attendez, faut pas rentrer comme ça sans précautions.
    
    Il courut jusqu’à la camionnette et revint avec deux casques de chantier dont les deux hommes se coiffèrent. Les ravages du temps, les infiltrations dues à la toiture percée en de multiples endroits, avaient eu raison de l’édifice. Des pans entiers de plâtre et d’enduit jonchaient le parquet, en partie pourri, et de grosses pierres de taille menaçaient de tomber à tout moment. Cette sacristie était accolée au corps principal à hauteur du transept, juste à l’opposé de la chapelle de la Vierge dont elle faisait le pendant. Bien moins haute que l’église, elle était malgré tout faite de voûtes en demi-cintre de pierres taillées se croisant en son centre, dans un style vaguement roman. Éclairée par des vitraux sans valeur de losanges jaunes parsemés de rouges, toute la partie basse était couverte par un lambris de bois, du chêne apparemment, qui dissimulaient quantité de placards servant ...
    ... à ranger tous les objets du culte : vêtements du prêtre, accessoires, et même les ustensiles d’entretien de l’église.
    
    Mais tout ceci ne servait plus depuis longtemps, depuis le décès du dernier curé, il y avait une quinzaine d’années. Depuis, il n’y avait plus qu’un curé pour tout le canton, et c’était un diacre qui disait la messe du dimanche et enterrait les défunts. Drôle d’histoire, pas éclaircie, que la mort de ce curé. Il était arrivé au village un peu après la guerre, au début des années cinquante, jeune homme frais émoulu du séminaire. Gai, affable avec tout le monde, très actif avec les enfants du catéchisme et toujours prêt à aider les familles en détresse, il avait rapidement rempli de nouveau la petite église. Capable de troquer sa soutane contre un bleu de travail, il s’était mis en devoir de restaurer l’intérieur de la vieille église avec l’aide de quelques bonnes volontés. Il travaillait avec les hommes après leurs journées de labeur, et courait la campagne pendant la journée pour solliciter partout un peu d’argent ou de matériel pour son chantier.
    
    Les femmes du village, subjuguées par l’ardeur du jeune curé, donnaient aussi de leur temps et de leur peine pour maintenir les lieux impeccables, malgré le chantier, et décaper bancs, statues, chemin de croix et ustensiles du culte, participant ainsi à la rénovation. Au bout de deux années d’efforts, la petite église semblait presque neuve, plus claire avec ses vitraux lavés, son enduit de sable et de chaux ...
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