1. Echappée belle. (1)


    Datte: 17/02/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Duchesse, Source: Xstory

    ... température était caniculaire, j’étais réglée, et les lacets que forment les routes montagneuses me donnaient une nausée digne d’un premier trimestre de grossesse. Enfin, c’est ce que dit la légende ; pour ma part je suis nullipare, et je ne souhaite pas avoir de descendance. J’avais 24 ans, j’étudiais l’italien et je projetais de m’expatrier pour vivre dans la Botte, avec ou sans Luc ; seul l’avenir allait me le dire.
    
    Je passai le trajet entre sueurs froides et bouffées de chaleur, grelottant et transpirant à la fois. Je poussai un soupir d’aise en descendant de voiture et j’emplis mes poumons d’un air sans odeur parasite, de l’air vif et entêtant de la nature qui rendit aussitôt son rose à mes joues. Sur l’instant, je sus que j’allais m’y plaire. Le bruit d’un cours d’eau invisible rebondissait contre les flancs de la montagne, chantant à nos oreilles ; nous laissâmes nos sens se dégourdir quelques instants dans un silence quasi religieux. L’écho torrentiel venait de partout et de nulle part. Il fit naître en moi une âme d’exploratrice ; il me tardait de découvrir cette nature salvatrice.
    
    Mon mal des transports ne m’avait pas permis de profiter du panorama, mais Philippe – le doyen de notre petit groupe et conducteur de notre escapade – m’expliqua que Saorge est un village classé et que nous étions à 600 mètres d’altitude. Nous étions garés en amont du village car le site protégé est piéton. Philippe, Luc, Sacha, Gustave et moi vidâmes donc le Jumpy, bien qu’il nous ...
    ... restât du chemin à parcourir jusqu’aux locaux censés nous accueillir.
    
    Philippe, âgé d’une cinquantaine d’années, était natif du village. C’est donc naturellement qu’il avait décidé de venir passer ses vacances d’enseignant dans son berceau natal meurtri par l’assaut de la rivière locale.
    
    C’est chargés comme des mulets que nous entamâmes la descente vers le cœur du village, nos sacs de randonnée dépassant d’une tête la nôtre, Luc se chargeant en sus de notre tente : comme nous ne savions pas grand-chose des conditions d’hébergement qui nous attendaient, nous avions envisagé cette solution de repli pour parer à un éventuel manque d’intimité.
    
    À peine avions nous pénétré dans le village aux allures de sanctuaire que je notai l’absence de lignes électriques, ce que je fis remarquer à haute voix. Celui qui nous servait de guide nous expliqua qu’ici tout était conçu pour préserver les lieux dans leur état ancestral.
    
    Nous parcourûmes une distance que je serais bien incapable d’évaluer à travers un dédale de ruelles médiévales. Des rues pavées très pentues alternaient avec des escaliers ardus. Depuis notre véhicule jusqu’à nos quartiers, nous ne croisâmes pas âme qui vive. La beauté des lieux inspirait à tous un silence pourtant très joyeux. Nous regardions tantôt nos pieds pour ne pas les prendre dans un pavé trop haut, tantôt les façades de ces maisons enchevêtrées qui donnaient un air de village tibétain à celui-ci qui était presque italien. Nous empruntâmes des passages ...
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