1. Echappée belle. (1)


    Datte: 17/02/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Duchesse, Source: Xstory

    ... vous ? Il fait une chaleur à crever à cette heure-ci ! Merci, mais non merci. On est presque en Italie, et « À Rome, fais comme les Romains. » Pour moi, c’est l’heure d’il pisolino (la sieste).
    
    À cet instant, je ne savais pas encore que Gustave est Breton, ce qui expliquait – non pas son chapeau rond – mais son aversion à partir en expédition à cette heure. Il venait pourtant d’achever un tour de France : c’est en sa qualité de Compagnon du Devoir qu’il avait proposé ses services.
    
    Je quittai mes sandales pour des tennis plus adaptées, pris une gourde d’eau, et Luc et moi nous entre-badigeonnâmes d’écran total, copieusement pour moi dont la peau diaphane ne souffre pas d’être exposée sans cette protection, et sommairement pour lui dont la peau n’est pas fragile. Le soin qu’il mit à enduire mon corps moite ne m’a pas laissée de marbre ; du coup, je le taquinai en lui faisant quelques peintures indiennes sur le visage puis sautillai dans la pièce bêtement, comme une enfant dansant autour du feu de son imagination.
    
    Faisant mine de chercher les parties de son corps qui avaient besoin de mon attention, je me mis à quatre pattes pour enduire de crème ses mollets que son short laissait à ma disposition, prenant une langueur infinie à les caresser. Ma bonne humeur était contagieuse, et lorsque je fis glisser mes doigts sous son vêtement le long de la face interne de sa cuisse, il y répondit en déclarant d’un ton plein de malice :
    
    — Je ne me suis jamais tapé une ...
    ... Indienne…
    
    D’humeur provocante, je levai mes yeux aguicheurs vers lui, posai mes deux mains au sol à ses pieds et en approchai le plus possible mes genoux, m’obligeant presque à poser mon visage à terre et offrant mes fesses dans une cambrure féline à celui qui les toisait avec une tendresse sublime.
    
    — Tape l’Indienne, lui dis-je en pouffant de rire. Trêve de balivernes : on part en repérage, général Custer !
    
    Beau joueur, Luc me mit une petite tape sur la fesse et ajusta son érection de façon à éviter une situation embarrassante si nous venions à croiser Sacha ou Gustave dans la maisonnée, et nous partîmes en balade main dans la main.
    
    Nous errâmes sans nous soucier des chemins que nous empruntions. Dans le dédale que formait le village, nous étions tentés par toutes les ruelles sur lesquelles nos regards se posaient. Dans l’alcôve au fond de l’une d’elles, un nouvel escalier. Une fois grimpé, une voie pavée. Une place carrée, une envolée de rapaces. Chaque fois que nous avancions de quelques mètres, nous faisions une nouvelle découverte : ici une vue dégagée, là un passage ombragé. Tout n’était qu’entrelacs de hauteurs et de couleurs. Nous alternions entre des escaliers raides comme une échelle de meunier, des chemins pour écoliers et des passages secrets. La ville était à nous ; nous chahutions dans ce paradis désertique au silence post-apocalyptique. Seules les cigales semblaient avoir survécu au désastre de la vallée noyée. La fin du monde au jardin d’Eden.
    
    Au sortir ...
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