-
Mise en boite (on ferme le couvercle)
Datte: 12/02/2022, Catégories: fh, hh, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe
... touchait, tout mon corps se crispait, mon poil se hérissait. Je devais prendre sur moi pour ne pas le repousser. Un baiser dans mon cou par surprise provoquait un saut de carpe. Il s’est très vite rendu compte de ce qui se passait. Je lui ai menti. J’ai inventé un viol pendant mon adolescence. Il m’a crue. Il ne voulait pas qu’on se sépare. Je suivrais une thérapie et il attendrait le temps qu’il faudrait. Des mots. Je savais que rien ne changerait. Les viols à répétition que j’avais subis ne s’effaceraient probablement jamais. Les rencontres régulières quasi journalières avec leur auteur empêchaient toute chance d’oubli. C’est à ce moment que tout a basculé. Toute ma haine est remontée. Il avait détruit ma vie, j’ai commencé à me demander comment j’allais détruire la sienne. Le détruire… pas le tuer. Lui ôter la vie ne l’aurait pas fait assez souffrir. J’ai compris le ressentiment obsessionnel de jeune garçon devenu travesti qui l’avait harcelé pendant des années. Quand je me suis rendue à l’Allée du chêne clair cette nuit-là, cette colère m’habitait. Durant le trajet, dans ma voiture, je me suis monté la tête. J’ai imaginé une conversation où je lui disais tout ce que je pensais de lui. Sachant très bien que je me tairai, je n’avais pas le courage. Et j’avais peur de lui. Le souvenir de ses coups sur tout mon corps, ses gifles restaient vivaces. La lumière brillait dans son bureau. Il devait m’attendre. J’ai frissonné de peur. Il ne me frappait plus avec ses mains ...
... seulement avec des mots : ça faisait aussi mal. Il n’avait pas verrouillé la porte, l’alarme était coupée. Connaissant sa paranoïa galopante, cela m’a surprise et pas rassurée. S’il avait bu… crainte irraisonnée qu’il pose de nouveau ses mains sur moi. Peut-être s’était-il endormi… Je suis entrée dans son bureau aussi silencieusement que j’ai pu. Quand je l’ai vu attaché, nu, sur son fauteuil, un godemichet dans l’anus et touche artistique, son sexe flasque entouré d’un ruban rose, j’ai éclaté d’un rire inextinguible et sonore. Le bruit l’a réveillé. —Arrête de rire, espèce de connasse. Dépêche-toi de me détacher. S’il ne m’avait pas traité de connasse… peut-être que… Mais il l’a crié… À cette seconde, j’ai su que j’allais le tuer. —Raconte-moi d’abord qui t’a fait ça. —T’es vraiment pas drôle ! —Une connasse, c’est jamais drôle. —Ok ! Adeline, je m’excuse. Bon maintenant tu me détaches. Habituellement, je ne bois pas d’alcool, mais le scénario que j’étais en train de bâtir… Sans prendre la peine de lui répondre, je suis allée dans son coin-bar me servir une très, très grosse dose de gin puis je me suis assise en tailleur en face de lui. —Très artistique le petit nœud-nœud ! Allez raconte. —Ma patience a des limites. Si tu ne me délivres pas tout de suite, tu vas me le payer, s’agita-t-il sur son fauteuil. —Tu devrais te calmer. Si tu continues, tu vas te casser la figure et avec ce que tu as, enfoncé dans l’anus, ça risque d’être douloureux. Tu n’es ...