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Chemin de croix
Datte: 03/02/2022, Catégories: nonéro, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... peu d’existence qui me reste ? — Ce sont des médicaments de confort, pour que la fin programmée soit moins… douloureuse, je ne puis pas te dire autre chose. — Mais… tu ne peux pas abréger mes souffrances ? Personne ne peut donc m’aider ? Vous allez tous me laisser crever comme une chienne ? Je vais lire toute la pitié du monde et la souffrance dans les yeux de mes amis, de ma famille, de Romain ? Ce n’est pas humain ça. J’en ai trop vu des pauvres gens qui… merde ! Pourquoi ça m’arrive à moi cette foutue saloperie ? Personne ne doit savoir, c’est bien compris ? Personne. — Pour cela, ne t’inquiète pas ! Le secret médical, tu sais bien que nous le respectons toujours. Mais il serait bien que ton compagnon t’aide un peu dans ton cheminement. — Non ! Je ne veux mêler personne à cela. Je vais me débrouiller seule et assumer tous mes actes. — Tu ne comptes tout de même pas… Je ne peux décemment pas te laisser faire cela. — Rassure-toi, je vais trouver une solution sans mettre en cause qui que ce soit… Il doit bien exister des gens qui vont m’aider. Je ne veux pas souffrir au-delà de l’imagination. Et puis, je veux préserver les miens. Ils ont assez de leurs propres misères. — Attends… Je peux juste t’aiguiller sur une association… Mais ce sont des étrangers. — Des étrangers ? D’un autre pays, tu veux dire ? — Oui… Des Suisses. Tiens, j’ai toujours une brochure sous la main. Mais je te conseille de bien réfléchir avant de prendre toute décision. Dorothée avait alors ...
... remis à son infirmière un dépliant, celui d’une association nommée « Dignitas » ! Les doigts fins avaient alors agrippé le papier comme un naufragé qui refermait les siens sur une bouée de sauvetage. À son retour chez elle, elle avait fait un détour. Obligatoire pour digérer tout ce qui lui dégringolait sur le coin du nez. C’était une chose de savoir qu’elle n’allait pas bien, une autre de connaître à plus ou moins brève échéance le terme du voyage. Il lui fallait donc remettre de l’ordre dans certaines de ses relations. Faire une sorte de trêve, la paix en quelque sorte. Depuis le divorce de ses parents, Sonia avait surtout évité sa mère qu’elle avait jugée trop intransigeante. Bien sûr que Pierre son papa avait donné un coup de canif dans le contrat d’un mariage que tous croyaient solide. Mais bafouée, sa maman avait réagi avec une sorte de violence mal maîtrisée. La jeune femme avait donc vu ces deux êtres, qu’elle chérissait le plus au monde, s’entre-déchirer dans une guerre sauvage pour le peu de biens qu’ils possédaient, et par extension pour son amour à elle. Mais elle n’avait pas voulu se mêler de cette sordide histoire et, comme souvent, l’un des deux s’en était senti délaissé. En l’occurrence, Adeline estimait que sa fille restait trop proche de son ex-mari et un chantage aux sentiments avait pris naissance dans les premiers mois de la séparation. Il durait encore à ce jour. Et sans rien dévoiler d’une situation très complexe, la jeune brune était donc sur la ...