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Chemin de croix
Datte: 03/02/2022, Catégories: nonéro, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... infirmières sont déjà débordées. Alors tu penses bien, Dorothée, qu’une infirmière de moins… c’est des repos qui sautent. — Pff ! Oui, j’en suis consciente. Fais au moins les examens… — D’accord. Alors, bon gré mal gré, elle s’était exécutée. Ses collègues, et amis pour la plupart, avaient été très surpris de voir la jeune femme arriver dans leur service. Mais le médecin en chef qui avait délivré les ordonnances ne souffrait d’aucun reproche. Si Sonia venait chez eux, c’est bien qu’elle devait avoir un problème. Alors ils avaient procédé. Et les résultats ne s’étaient pas fait attendre. Et ainsi, la jeune infirmière s’était de nouveau retrouvée dans le bureau de sa patronne. — Tu m’as demandé de passer te voir, Dorothée ? Il y a un problème avec mes résultats ? — Assieds-toi Sonia. Nous avons à parler toutes les deux. Tu as tes vertiges depuis combien de temps ? Ne me cache rien, veux-tu ? — Je ne sais pas moi… cinq ou six mois. — Et pourquoi n’as-tu pas consulté plus tôt ? Plus vite ? — C’est donc si grave que ça ? Tu peux me parler franchement, je ne suis pas dupe ! — Écoute… Tu ne veux pas que Romain, ton compagnon soit présent aussi pour qu’il puisse entendre ce que j’ai à te dire ? Ou tes parents, si ça te semble trop difficile pour lui ? — Personne ! Je suis grande et majeure. Je veux tout savoir et personne d’autre n’a à être mis au courant. — Bon ! À ta guise, mais… — Mais quoi ? — Viens ici et regarde ! Tu sais aussi bien lire que moi ces images-là ...
... ! — Ce sont les miennes, celles-ci ? — Oui… et crois bien que je le regrette vraiment. — Merde… c’est… ce sont bien ce que je crois ? — Malheureusement Sonia. Pour ces nodules ici et là, on peut les retirer sans problème. Mais tu vois… il s’en trouve partout et ces trois-là sont pratiquement impossibles à extraire. — … Je suis foutue ? La jeune femme s’était assise de nouveau, les jambes coupées. Plus un mot ne s’échangeait dans le bureau. Les yeux de la compagne de Romain s’embuaient sans qu’elle puisse arrêter le flot qui en coulait. Ses mains tremblaient, sa voix aussi, lorsque qu’elle avait posé la question : — Combien de temps ? Il me reste combien de temps ? — Difficile à dire et tu sais comme moi que je n’ai pas de réponse à cela. — Arrête ! Une fourchette, pour une fourchette, je pense que tu dois pouvoir ! — À ce stade, on peut parler de deux, voire trois… mois ! — Est-ce que je vais souffrir beaucoup ? Dis-moi, Dorothée, je vais souffrir beaucoup ? — Je… écoute Sonia, je ne suis pas en mesure de te garantir que non. — Est-ce que c’est possible de m’aider à… partir ? Le plus vite possible, sans que je devienne n’importe quoi, plus rien d’un être humain, je veux dire. — Ne dis pas n’importe quoi. Nous ne pouvons pas faire ça… même avec la meilleure volonté du monde. — Je vais donc me dégrader, être moche, crier de douleur et passer les mois qui me restent à vivre avec de la morphine ou une saloperie du même acabit ? Des produits qui me boufferont le ...