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Un si gentil fantôme (1)
Datte: 24/01/2022, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory
... Un jeune comme eux, le sien… qui va lui manquer tellement. Elle marche dans l’allée qui mène à l’extérieur. Les deux rivières de larmes sont revenues sur son visage et le bruit horrible de la terre qui à chaque pelletée resserre le corps de son fils, c’est bien avec cela qu’elle va devoir vivre désormais. Sur le parking… sa voiture et elle se met machinalement sous le volant. Son visage ravagé n’a plus de larmes à donner. Un véhicule proche quitte doucement sa place. À côté du chauffeur qu’elle reconnaitrait entre mille, une rousse qu’elle voudrait maudire. Maryse n’a plus la force suffisante pour haïr cette rivale qui vit avec le père de son Mathis. L’histoire ne se réécrit jamais. Elle est morte avec son gamin… il y a quatre jours de cela. Quel effort pour mettre en route le moteur et repartir vers cette maison si silencieuse. Bien entendu que le petit ne revenait plus que pour les vacances, mais cette fois… elle comprend qu’il ne rentrera pas. Frapper sur ce qui l’entoure, se remettre à pleurer ? À quoi cela servirait-il ? Son cœur est sec, comme tout son corps qui n’est plus qu’une enveloppe vidée de tout ce qui faisait sa joie d’avancer. Six juin Les mois passent sans atténuer pour autant la douleur. Il arrive aussi que parfois celle-ci se trouve ravivée par des évènements imprévus. Alors ce soir-là, lorsque la sonnette retentit pour avertir Maryse de la venue d’un visiteur, elle vient ouvrir en trainant des pieds. Il y a bien longtemps qu’elle n’a plus ...
... envie de recevoir de visite. L’importun qui vient déranger à onze heures du matin ses souvenirs n’est donc pas le bienvenu. Le battant de chêne tourne sans bruit sur ses gonds. — Bonjour Madame… vous êtes bien la maman de Mathis ? — Bonjour… euh oui… c’était mon fils. Mais qui êtes-vous ? — Un ami de Mathis… Gaétan. Nous étions ensemble à la fac et un jour il m’avait parlé de vous, de sa maison. Il avait aussi laissé chez mes parents quelques affaires… nous devions nous retrouver à la fin de ses études… — Vous retrouver ? À la fin de ses études… je ne comprends pas très bien. Il ne me disait pas toujours tout. Mais entrez, entrez… ne restons pas dans le vestibule. — Merci… Je vous ai ramené ce qui se trouvait chez mes parents. — Vous avez un peu de temps ? Ça me fait du bien de rencontrer un ami de mon fils… j’ai si peu de contact avec les derniers qui l’ont côtoyé… — Je n’ai appris son accident qu’en rentrant des États-Unis… je travaille à Boston et nous avions projeté, Mathis et moi, de nous y retrouver pour monter notre boite ensemble. — Vous êtes informaticien ? Mon Dieu… comme je suis heureuse de vous connaitre et surtout que vous êtes venu me parler de lui. — Je vous ai rapporté également ces quelques trucs qui sont à lui… Tout est dans ce sac-là ! — Merci… mais vous… vous n’allez pas partir tout de suite ? Vous désirez boire quelque chose ? Comme je suis heureuse enfin de rencontrer… — Ah, pardon peut-être vous a-t-il parfois parlé de moi… ...