1. Le jour venu


    Datte: 06/12/2021, Catégories: f, ff, uniforme, bizarre, Collègues / Travail amour, lesbos, Auteur: calpurnia

    ... possibilité d’accorder un sursis d’un simple coup de fil, mais il ne l’a pas fait – il ne le fait jamais, par principe. Deux gardiennes ont extrait Sabrina de sa cellule, lui ont proposé son dernier repas, puis l’ont attachée sur le fauteuil qui ressemble à celui d’un dentiste, recouvert de skaï noir. La procureure était présente, comme il se doit, ainsi que l’avocat, le juge, le directeur et les jurés. Parmi ceux-ci, certains éprouvaient une certaine excitation sexuelle. La magistrate aussi, même si elle le dissimulait derrière ses verres fumés. Le silence qui régnait avait l’épaisseur et la noirceur du goudron. L’odeur était particulière, unique à cette situation-là. Tania, très sensible aux fragrances, maniait ses aiguilles avec fébrilité, en évitant de faire souffrir autant qu’il lui était possible. Cette fois, elle n’a pas éprouvé de difficulté à trouver les veines et à les faire saillir. Le beau visage de la condamnée semblait inexpressif, malgré des yeux brillants.Elle est déjà morte à l’intérieur, a pensé Tania. Comme un arbre foudroyé dont les branches sont sèches. Une odeur d’éther s’est répandue. Il fallait quand même stériliser la peau et le matériel, au cas où, hypothèse improbable, l’appel téléphonique salvateur serait intervenu après le début de l’injection.
    
    Lors d’une formation, Tania se souvient en avoir discuté avec une collègue d’un autre État, qui lui a avoué ressentir souvent un orgasme involontaire à ce moment-là. Aveu en tête à tête autour d’un café, ...
    ... non dépourvu de gêne, le regard fuyant : un secret entre exécutrices, tabou pour qui n’est pas du sérail. Certaines ont trouvé leur vocation. Pour tuer légalement, il faut être un soldat en guerre, se trouver en situation de légitime défense, ou bien mettre en œuvre la peine de mort ou l’euthanasie, dans les pays où cela est autorisé. Les deux premières voies sont aléatoires et dangereuses.
    
    Tania plonge sa main dans le pantalon de sa compagne, puis sous la culotte. Le buisson pubien est bien mouillé. Après un court massage des grandes lèvres que gonfle le désir, le majeur agile découvre le fourreau du clitoris et réveille le bourgeon endormi en l’effleurant à peine, ce qui fait sursauter Abigaïl. Une pile électrique, ce matin, pense Tania. Tant mieux. Elle ressent une rage en elle, elle a besoin de sexe à haute dose. Abigaïl appuie ses avant-bras sur le pâton étalé. Elle est déjà parvenue au bord de la jouissance. Sa respiration se fait profonde ; l’explosion humide est proche. Le sucre brûle et les morceaux de rhubarbe partent en fumée. Les regards ne se sont toujours pas croisés depuis qu’elles se sont retrouvées au petit matin.
    
    Souvent, Tania s’est demandé ce qu’elle ressentirait si elle se retrouvait à son tour dans le fauteuil des condamnées. Sans doute ne se laisserait-elle pas faire, elle se débattrait furieusement dans ses liens, quitte à casser les aiguilles dans ses veines, à saigner sur le similicuir. Avec elle, il faudrait s’y reprendre à plusieurs fois. Le ...
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