1. Néons blafards


    Datte: 28/10/2021, Catégories: Trash, Auteur: domindoe, Source: Xstory

    ... pas.
    
    ***
    
    La mégère en chef m’a fait monter à l’étage. Il fallait me doucher, je reniflais trop selon ses dires. Mes narines confirmaient. J’ai vite compris qu’elle avait d’autres intentions, mettre les choses au clair. « Moi, c’est Madame, sauf pour les tournages où je t’informerai de ce qu’il te faudra dire ». J’ai donc répondu « Oui, Madame », en appuyant sur la majuscule histoire de la flatter. La Madame était une bonne femme pas très grande, maigre et sèche, visage en angles, bouche en cicatrice, regard sévère. La démarche raide. Le type gouvernante dans un lycée anglais pour jeunes filles de bonne famille, enfin de ce que je pouvais en imaginer. Moi, la bonne famille, je n’ai jamais connu...
    
    Elle m’a dit de me désaper. Elle ne m’a pas quitté des yeux. Elle a bien remarqué que je puais encore plus et que je bandouillais. Non pas que la baronne me faisait de l’effet, mais j’étais à poil et le mou gonflait sans conviction. Elle m’a tourné autour, longuement, et malgré mes remugles qu’en l’absence de frusques, même moi j’avais du mal à supporter, elle m’a bien détaillé. Elle a fait quelques critiques désobligeantes, juste pour m’humilier. Elle devait aimer ça, car elle s’est plantée en face de moi, m’a regardé dans les yeux et m’a dit que je bandais mollasson, que ça serait difficile d’honorer les punkettes avec un machin aussi peu vaillant. Et encore d’autres remarques du même acabit. Elle a attendu. Elle matait ma bite sans discontinuer comme pour vérifier que ...
    ... l’oiseau n’allait pas s’envoler. Je ne savais pas quoi faire, l’oiseau s’ébrouait, mais gardait les ailes bien repliées et je n’avais même pas envie de sauter cette garce pour lui faire entendre raison.
    
    Les insultes et humiliations ne provoquaient pas une véritable élévation. Enfin, elle s’est décidée et m’a ordonné d’aller me laver. Pendant que la rue, le gas-oil et les poubelles retournaient aux égouts par la bonde de la douche, la cafetière s’est barrée, emportant les puanteurs que je portais par la porte.
    
    J’étais en train de débarrasser mon menton des derniers vestiges olfactifs de mes errances passées lorsque Miss Piercings, Lila de son petit nom, m’a tâté les fesses. J’ai vu sa crête rouge et bleu pétrole colorer la buée du miroir, c’était tout ce que je voyais d’elle, je ne l’avais ni vue ni entendue entrer.
    
    — Petit cul ! Et comment est la bite ? a-t-elle introduit la conversation en plaquant son avant-scène dans mon arrière-cour.
    
    Elle a saisi ma boutique trois-pièces et s’est immédiatement évertuée à faire croitre le chiffre d’affaires. Elle n’était pas comptable de ses efforts. Côté face, je sentais ses doigts me tripoter les cochonnets, sûrement histoire de pouvoir me traiter de porc pour lancer les ébats. Côté pile, les piercings de ses tétons jouaient dans mon dos une partition métallique annonciatrice de mesures plus hard. Je tournai le dos pour lui faire face, ma vie a toujours été une sorte de... comment dit-on ? Oxymore ? Lila avait dépoitraillé sa ...
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