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Néons blafards
Datte: 28/10/2021, Catégories: Trash, Auteur: domindoe, Source: Xstory
... les centimes attendus en ferraille clinquante, mais usagée. La manche ne favorisait pas les grosses coupures. — Tu bois ton café et tu décampes, m’intima le patron. Et tu laisses les putes tranquilles, c’est compris ? Introduction, développement et conclusion en deux phrases concises, un as de la rhétorique. — Et si jamais j’étais un client ? ironisai-je. — Te fous pas de ma gueule ! Le ton montait, mais personne dans le bistrot ne s’en souciait. Peter, Lucky et les Gitanes nous enveloppaient de leur voile d’âcre quiétude tabagique pendant que Voulzy Rockcollectait en sourdine sur un jukebox survivant des sixties adapté à sa décennie nostalgique. Les filles nous contemplaient d’un air las et absent comme si elles jouaient les figurantes de dernier rang, perdues dans le brouhaha de dialogues incompréhensibles d’un théâtre sans scène sur fond d’ambiance de flipper et de tilts. C’est là que madame patronne a ramené sa fraise, un peu sèche, un peu raide. Sans crème onctueusement fraiche pour tremper la mienne de fraise. Je n’y comptais pas. — Attends, Max, on pourrait peut-être... a-t-elle commencé en s’adressant au graisseux. Puis elle lui a chuchoté quelque chose à l’oreille. Ça a duré un moment, je m’en foutais, je ne cherchais pas à connaître le sujet, mais les putes punkettes semblaient intéressées à deviner le thème. Le patron a tiré une chaise et l’a enfourchée comme un cavalier sa monture, s’appuyant sur le dossier. Sa femme, debout à ses côtés, a ...
... posé une main sur son épaule, approuvant par avance son discours. — Écoute mon gars, s’est-il essayé complice, t’as pas l’air bien riche, on a une proposition à te faire. Pour ça, il faut juste que tu sois pas bégueule et bien monté. C’est ton cas ? Je haussai le sourcil. Je n’avais rien à perdre à connaître son histoire, donc j’approuvais en soufflant. — Voilà, les deux filles travaillent dans l’arrière-salle à émoustiller le micheton, et ma femme me disait que ce serait bien si un homme complétait le tableau. — Je veux pas faire la pute, et je suis pas homo, me suis-je révolté mollement. — C’est pas la question. Pour chauffer l’ambiance, les filles se gouinent un peu, elles se lèchent, elles se doigtent. Parfois ma femme... ma femme... Il fronçait les sourcils et plissait le front, hésitant à cracher la suite comme si les mots se rendaient compte de leur l’obscénité juste avant de sortir de sa bouche et s’accrochaient de honte à sa langue mal pendue. — Je leur donne une petite fessée ou je leur fouette un peu le cul, intervint la femme presque douairière. Les mecs aiment, ça les excite. Visiblement, la matrone n’éprouvait aucune gêne à décrire ses activités correctrices. Je devinais que le peu ne correspondait pas à la même quantité suivant la teinte de cheveux. Ressenti personnel ou réalité des faits ? — Voilà, voilà, souffla le cafetier soulagé, donc on s’est dit que mettre une bite au milieu ça serait pas mal, ça changerait. D’autant qu’on filme ...