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Histoire des libertines (83) : Mme Claude, la grande maquerelle.
Datte: 24/10/2021, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... sursis et un million de francs d'amende. Elle fait appel, mais la chambre de la Cour d'appel de Paris confirme la condamnation le 4 février 1993, à trois ans d'emprisonnement dont trente mois avec sursis, à cinq ans d'interdiction de séjour et autant de privation des droits civiques. Elle est incarcérée à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis pendant dix mois. À sa sortie, elle s'installe dans la Beauce, puis, à partir de 2000, Fernande Grudet vit en recluse dans un petit appartement sur la Côte d'Azur. CALL GIRLS, PERSONNALITES ET PROTECTION Mme Claude a perfectionné, pour ne pas dire inauguré, un système consistant à mettre en relation des jeunes femmes, tout à fait averties et sélectionnées avant tout pour leur allure et leur minimum de culture, avec une clientèle aisée, et ce, par le biais du téléphone (d'où le nom de « call-girls » donné à ces jeunes femmes). Elle évitait ainsi le plus souvent tout contact avec la clientèle. CARNETS NOIRS On connaît maintenant les noms prestigieux des clients : lord Mountbatten, Elie de Rothschild, John Kennedy (lui réclamant « une Jackie mais en plus hot »), le couple Onassis-Callas qui appréciait le triolisme, Gianni Agnelli, patron de la Fiat qui préférait l’amour en groupe, Moshe Dayan, Kadhafi, Marlon Brando, Rex Harrison, le shah d’Iran qui offrait des rubis en pourboire… Sans parler des politiques français, à commencer par certains ministres. Ce qui explique la protection tacitement accordée à Madame Claude pendant ...
... vingt ans. On dit qu’elle fournissait des renseignements aux « services. » Elle avait surtout dans ses carnets noirs de quoi déclencher des scandales d’Etat en cascade. LE CYNISME D’UNE MAQUERELLE Ambitieuse, cassante, elle était aussi cynique que douée en diplomatie. Elle se qualifiait elle-même de « meilleure maquerelle du siècle » Elle jouait de la gourmande curiosité que suscitaient ses activités de dirigeante d’un réseau de prostituées de luxe. Elle dira : « Deux choses marchent dans la vie, la bouffe et le sexe. Je n’étais pas douée pour la cuisine. » « C’est si excitant d’entendre un milliardaire ou un chef d’Etat solliciter ce que vous seule pouvez lui donner avec une voix de petit garçon », lit-on dans les papiers jaunis des entretiens qu’elle a accordés. Son cynisme fait froid dans le dos. La maquerelle a recours à des «goûteurs», comme elle le dit, des hommes amenés à évaluer les capacités érotiques de ses «protégées». Parmi eux, le frère et le premier mari de l’écrivaine Françoise Sagan. Madame Claude vend du rêve à ses « employées » : la promesse de faire un beau mariage. Car ses clients fortunés et prévenants font voyager les filles en première classe, les logent dans des palaces et les sortent en yacht. De son côté, Madame Claude les habille chez les plus grands couturiers, leur paie des dessous raffinés et coûteux Elle y distribuait avec complaisance les anecdotes que ses interlocuteurs venaient quémander sur le « Tout-Paris » au lit, les ...