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Histoire des libertines (83) : Mme Claude, la grande maquerelle.
Datte: 24/10/2021, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
AVERTISSEMENT La logique chronologique que je respecte, dans la première série de ces textes sur les grandes libertines, m’amène à m’éloigner un instant des stars d’Hollywood et à m’intéresser à un tout autre milieu. J’aurais l’occasion, dans une seconde série de textes, de revenir sur le parcours de certaines grandes courtisanes. J’avais déjà évoqué celles qu’on appelle aussi les « grandes horizontales » dans des textes précédents : • Lola Montès (lire « Histoire des libertines (50) : femmes d’influence à l’époque du Second Empire », paru le 23 décembre 2019), • La Belle Otéro ou encore Liane de Pougy (« Histoire des libertines (52) : Des libertines de la Belle Epoque » paru le 2 janvier 2020) C’est un de mes fidèles lecteurs, que je remercie et qui se reconnaitra, qui m’a amené à m’intéresser à Fernande Grudet, dite Madame Claude (1923-2015). Elle fut prostituée, mais est surtout connue en tant que proxénète de luxe. L'histoire de Madame Claude et de son réseau a inspiré des auteurs et des cinéastes. Visage de ces années de décadence et de frivolité, nom indissociable des nuits sulfureuses parisiennes d’antan, Madame Claude continue de fasciner le septième art français. Preuve en est, après le « Madame Claude » (1977) réalisé par Just Jaeckin, le réalisateur d’Emmanuelle », un second film baptisé du même nom a vu le jour, du fait de la pandémie, diffusé directement sur Netflix en avril 2021. Mme Claude ne semblait guère portée sur la « chose », au-delà ...
... d’une réputation de bisexuelle. Ce n’est donc pas sa vie intime ou sentimentale qui m’a amené à parler d’elle dans cette série de textes, mais plutôt son « activité » et ce qu’elle a représenté dans les pratiques et les mœurs de notre société ORIGINES MODESTES ET PROSTITUTION Fernande Joséphine Grudet a des origines modestes : son père tient un café rue Diderot à Angers. Elle est élève à l'institution Jeanne d'Arc puis à l'Immaculée Conception d'Angers. Il est à noter que, dans les biographies qui lui sont consacrées ou dans ses mémoires, les affabulations et incertitudes sont légion : elle s'invente des origines bourgeoises, un père industriel, résistant mort pendant l'Occupation, ou encore un passé de résistante déportée à Ravensbrück ! Mère célibataire à 16 ans, elle s’installe à Paris et prend le pseudonyme de Claude, genre indéterminé qui manifeste peut-être une manière de neutralité sexuelle. Elle fréquente les milieux du banditisme et se prostitue. Elle apprend le métier en aidant une mère maquerelle avant de prendre son envol. Peu portée sur le sexe, selon ses propres dires, elle sait en revanche se construire une allure : deux liftings, un à 37 ans, un autre à 54 ans. Parmi le grand banditisme qu’elle fréquente, elle tombe amoureuse. Ce sera la seule fois de sa vie ! Elle s’entiche d’un gangster, le chef du «Gang des tractions avant». Une passion dévorante et éphémère au terme de laquelle elle renferme définitivement son cœur. Elle en gardera un profond ...