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Histoire des libertines (83) : Mme Claude, la grande maquerelle.
Datte: 24/10/2021, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... mépris des hommes. A LA TETE D’UN RESEAU DE PROSTITUTION DE LUXE Se rendant compte qu’elle a davantage la bosse des affaires que le goût de la bagatelle, en 1957, elle monte son « petit commerce », un bordel mondain. L’ascension est fulgurante. Esthète et perfectionniste, elle cisèle ses créatures avec le soin d’un génie diabolique. Elle monte, à la fin des années 1950, une entreprise de prostitution de luxe qu'elle anime par téléphone depuis son appartement parisien. Les prestations luxueuses sont réservées à une élite disposant de moyens financiers importants. Les prostituées travaillent dans une maison close (alors que celles-ci sont censées être interdites depuis 1946). Connue du Tout-Paris, cette proxénète, aux allures de bourgeoise, fricote avec les grands de ce monde, mais côtoie également le grand banditisme et les renseignements généraux. Très vite, Madame Claude érige un véritable empire du sexe, et amasse une petite fortune grâce « au plus vieux métier du monde ». Pendant vingt ans, « Madame Claude » règne sur un groupe de cinq cents prostituées, les fait habiller par de grands couturiers et recourir à la chirurgie esthétique. Selon un ancien habitué, Mme Claude recrutait parmi les filles qui avaient échoué à devenir mannequins ou actrices. Une prostitution haut de gamme dont les tarifs sont très élevés pour l’époque : entre 1 000 et 1 500 francs pour une demi-heure ou une heure et 15 000 francs pour une nuit en moyenne. Sur chaque passe, ...
... Madame Claude prend 30%. En quelques années, elle devient ainsi millionnaire. Elle ose pourtant réfuter le terme de proxénétisme et prétend donner une éducation à des jeunes femmes pour fréquenter les dîners mondains en compagnie d'hommes importants ! Elle a longtemps bénéficié de complaisance, en particulier parce qu'elle fait des comptes rendus réguliers à la brigade mondaine et au SDECE. La situation change au milieu des années 70, la justice et le fisc entreprenant alors de démanteler le réseau. CAVALE AUX ETATS-UNIS Madame Claude est condamnée mais elle épouse (un mariage blanc) un citoyen suisse pour obtenir sa nationalité, puis s’enfuit aux États-Unis en juin 1977. Afin d'obtenir la carte verte, elle se remarie avec un barman homosexuel et ouvre un restaurant, Elle est finalement dénoncée aux services de l'immigration. Persuadée qu'il y a prescription en ce qui concerne ses ennuis fiscaux, elle revient en France en 1985. Elle est arrêtée le 31 décembre 1986 et purge une peine de un an et demie de prison. RECIDIVE À sa sortie de prison, elle devient vendeuse dans une boutique de vêtements. En 1991, elle tente de monter un nouveau réseau de prostitution avec une douzaine de prostituées dans un appartement du quartier du Marais. Son réseau est à nouveau démantelé et elle est arrêtée par la brigade de répression du proxénétisme. Poursuivie par la justice pour proxénétisme aggravé en 1992, elle est condamnée à six mois de prison ferme, trente mois avec ...