1. Rio Grande 2/3 Dans la place


    Datte: 07/10/2021, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Laetitia sapho, Source: Hds

    ... tâches au hasard sur une toile en prétendant à qui veut l’entendre que c’est leur représentation de la déliquescence du monde. Viens avec moi dans la rue, mon gars, je vais te montrer ce qu’est vraiment la déliquescence du monde :
    
    - Intéressante cette toile, fis-je au bout d’un moment.
    
    - Vous aimez l’art moderne June ?
    
    - Oui, j’aime beaucoup, répondis-je la bouche en cœur, cette toile particulièrement. L’artiste a su donner un vrai mouvement à l’ensemble. Cette scène vit !!
    
    - Ici, je n’ai que ces quelques tableaux. Pas mes préférés. Je suis collectionneuse et chez moi, j’ai des œuvres bien plus intéressantes. Si vous appréciez l’art, je peux vous les faire découvrir.
    
    - J’aimerais beaucoup, mais je ne veux surtout pas vous déranger Madame Brooks.
    
    - Appelez-moi Karla, et puis, ça ne me dérange pas d’échanger avec de vrais amateurs d’art.
    
    Passez donc … disons … ce soir ! Je viens de trouver une sculpture composée de mobiles, réalisée par un jeune artiste californien qui a beaucoup d’avenir à mon sens. Elle a une place de choix sur ma terrasse.
    
    - Avec plaisir Karla ! Fis-je en récupérant le parapheur.
    
    - On dit 21 heures June ?
    
    - Parfait Karla …
    
    Je suis sortie du bureau en accentuant légèrement le mouvement de mes fesses, juste ce qu’il faut pour aimanter le regard de Brooks, mais ne pas trop en faire. Il fallait que ça paraisse naturel. « Légèrement allumeuse, mais point trop n’en faut », me dis-je
    
    Jouer à la vamp ultra sexy, mais ingénue qui ...
    ... n'en a pas conscience, m’amusait finalement beaucoup. Je ne suis pas du tout comme ça dans ma vie, mais tenir ce rôle était plus que marrant. Je ne savais pas où cela allait m’amener, mais ce soir, je serai dans la place. On verra bien. Et puis Brooks n’allait pas me sauter dessus, même si je lui faisais mon sketch d’aguicheuse.
    
    A 21 heures tapantes, je me suis pointée devant la grille du parc de la résidence de Karla.
    
    « Bonsoir Karla, c’est June, ai-je dit à travers l’interphone
    
    - Vous êtes ponctuelle June, j’aime ça. Je vous ouvre.
    
    Le portail s’est ouvert. J’ai engagé ma Chevrolet dans l’allée.
    
    Malgré le climat d’Austin, chaud et humide, la variété des arbres, arbustes et plantes qui ornent le jardin est très variée. On passe du subtropical, au tropical, sans oublier le méditerranéen.
    
    Après une courbe à droite, puis une courbe à gauche, j’ai découvert la villa de Karla. C’est une maison contemporaine toit plat à la façade composée d’un peu de bois, de métal et surtout de parois vitrées. A vue de nez, c’est gigantesque.
    
    J’ai aperçu la silhouette de Karla qui m'attendait derrière une baie vitrée immense.
    
    Elle m’a montré ses collections, j’ai fait semblant d’être ébahie. La plupart de ces « œuvres » n’ont éveillé en moi qu’un vague amusement. Quelques pièces méritaient vaguement le détour. Il n’y a pas que de la daube, fort heureusement dans l’art contemporain. J’ai apprécié notamment une série de lithographies d’un illustrateur assez connu, Mel Ramos, ...
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