1. L'étudiante et le cinéma.


    Datte: 01/10/2021, Catégories: Première fois Auteur: Juridicité

    A cette époque, j’avais choisis d’étudier le droit pour ce qu’il avait d’exaltant et de passionnant. Je rêvais alors de porter la robe, de me faire avocat et d’avoir entre mes mains le destin d’un homme accusé d’un crime ou d’un délit.
    
    Il est peu de dire que nous sommes aujourd’hui biberonnés aux thrillers policiers, le nombre de séries représentant le système judiciaire américain est en train d’exploser, faisant naître dans son sillage des vocations, faisant naître en ce qui me concerne l’avocation.
    
    Confronté depuis l’adolescence à l’image fantasmatique des Universités américaines, quelle ne fut pas ma déception lorsque je me suis retrouvé dans une petite faculté de province du Nord de la France, une ville de taille moyenne, des professeurs moyens et des maîtres de conférence tout juste diplômés n’ayant pas encore trouvé de poste dans les grandes Universités.
    
    L’incompétence de certains enseignants se reflétait sur la facilité des examens. Je compris très vite que j’aurai besoin de pimenter cette année universitaire. Lorsqu’on a dix sept ans et demi, le piment, c’est le regard de l’autre.
    
    J’avais à cette époque un léger problème de sociabilisation, je savais qu’il fallait que je me lance dès le premier jour de cours. Va vers les gens, souris, tu te feras naturellement des amis ! Voilà ce que je fis le jour de la rentrée, je suis parti m’asseoir à côté d’une jeune femme en prenant soin de m’assurer qu’elle n’attendais personne.
    
    - « Salut, moi c’est Romain ! ...
    ... »
    
    - « Sophie, enchantée ! » - me rétorqua t-elle avec un sourire gêné.
    
    Soyons clairs, Sophie n’était pas mon type de femme. Elle était de taille moyenne, un mètre soixante-cinq, les cheveux châtains légèrement ondulés et tombant sous les épaules, ses formes généreuses se laissaient deviner malgré les vêtements amples qu’elle portait habituellement. On était bien loin de – mon type de femme -, les femmes minces, timides, aux cheveux colorés.
    
    Cette jeune étudiante avait toutefois un atout de taille : sa bouche. Sophie avait un sourire radieux, des lèvres fines et des dents parfaites, un véritable rayon de soleil.
    
    Le Doyen de la Faculté de droit est entré dans l’amphithéâtre à moitié plein avant que nous n’ayons eu le temps de faire plus ample connaissance avec Sophie. Ce professeur but son café d’une traite et prit la parole sans utiliser de micro, ce qui est souvent l’apanage des grands professeurs d’Université, en tout cas des plus éloquents.
    
    Il commença le speech classique servit aux étudiants de première année, nous parla des 30 % de réussite, puis nous demanda « Regardez la personne à votre droite, celle à votre gauche. A la fin de l’année, seul l’un d’entre vous passera en deuxième année. ». Je n’avais personne à ma droite et me trouva alors forcé de regarder à ma gauche, Sophie.
    
    A vrai dire, je n’en avais pas grand-chose à faire du discours du Doyen sur la réussite en droit, mais j’ai vu dans son invitation à regarder nos voisins l’occasion de plonger mon ...
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