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Non, Pas Elle ! (1)
Datte: 01/10/2021, Catégories: Erotique, Auteur: Count Zero, Source: Xstory
... retirer. — J’arrive, dit-elle à ses camarades qui reprenaient leurs serviettes et poussaient la porte des vestiaires. Elle attendit que l’autre fille du groupe, qui jeta un petit regard inquisiteur par-dessus son épaule, disparaisse derrière le mur carrelé qui marquait l’entrée des vestiaires. Sophie se tourna vers moi, elle se tenait à une distance étrangement restreinte, une distance qui me mettait presque mal à l’aise. — Quelle coïncidence ! De te retrouver ici après tout ce temps... ça fait bien... — Dix ans, articulai-je. — Ça doit être ça, oui. C’était l’année du bac. Elle me sourit, avant de reprendre : — Dix ans, déjà. — Le... Le temps passe vite. En bon vaurien que j’étais, j’avais l’habitude de sortir à mon interlocuteur les banalités les plus fades avec l’air le plus sérieux que j’avais sous le coude. Tout ça, dans le but de le dissuader de persévérer dans les conversations qui m’ennuyaient ou qui me mettaient mal à l’aise. Mais ce jour-là, face à, peut-être, la seule femme qui réussissait à me faire perdre mes moyens, je ne savais tout simplement pas quoi dire. — C’est sûr. Et ta carrière artistique ? Tu peins toujours ? Ça alors... elle se souvient un peu de moi, quand même. — Non, je travaille, comme tout le monde. Mais ça m’arrive encore de peindre. Et toi ? Elle s’était subtilement approchée de moi, son visage souriant était toujours aussi exquis, même si on sentait en elle un caractère moins enjoué et naïf qu’à ...
... l’époque. — Je travaille à Paris. En marketing. — C’est ce que tu voulais. — Tout à fait ! La conversation prenait un tournant un peu gênant. Les pauses s’allongeaient, les regards se fuyaient. J’essayais tant bien que mal de ne pas détourner le regard vers son corps, et son maillot de bain un peu serré. Quelque chose venait de se réveiller en moi, une torpeur doublée d’un malaise, qui prenait la forme d’une petite pointe douloureuse et irradiante quelque part dans ma cage thoracique. Une souffrance douce-amère qui faisait monter en moi les larmes d’un conflit non résolu. Elle lança : — Je vais y aller, ils m’attendent sûrement pour dîner. Ça a été un plaisir de te revoir, on se croisera sûrement, tu es là toute la semaine ? — Deux semaines. — On se croisera encore, alors, à plus ! Elle me fit un signe amical de la main, accompagné d’un sourire qui, contrairement à celui de la photo Instagram, semblait vrai. Quand elle disparut à son tour derrière le mur des vestiaires, seul me restait le souvenir de son fessier charnu, qui se dandinait dans un bikini string trop serré pour elle. J’avais envie de la prendre dans mes bras, ou plutôt qu’elle me prenne dans les siens, tout comme j’avais envie de l’étrangler. La douleur ne disparut pas au bout du deuxième verre ni au bout du troisième. Je laissais tranquillement se désagréger l’espoir de passer des vacances reposantes d’esprit. J’envisageai quelques secondes de plier bagage, et de partir. Ce qui ...