1. Les cadeaux du hasard


    Datte: 14/06/2018, Catégories: fh, hplusag, jeunes, bain, campagne, caférestau, amour, hdomine, cérébral, revede, Voyeur / Exhib / Nudisme nonéro, mélo, amourdram, prememois, Auteur: Musea, Source: Revebebe

    ... la chaleur ne pèse pas plus qu’une aile de papillon. Elle quitta ses bas et ses souliers et s’avança au bord de la rivière : juste tremper ses pieds dans le courant. La fraîcheur la fit tressaillir puis fermer les yeux.
    
    Après le voyage les pieds serrés dans ses chaussures à talons, elle avait l’impression de renaître. L’eau était certes un peu vaseuse mais bienfaisante : mélange boueux frangé de lumière d’or, caracolant sur des galets gluants. Mélange odorant de menthe, de cresson et de lichens pourris, parfum de pierre et d’eau. Surtout ne pas tremper le bas de la robe… La jeune fille sortit un mouchoir de batiste et le plongea dans le courant, avant de le passer tout en douceur sur son visage. Elle soupira d’aise. Au loin, les cloches de la basilique Saint-Julien sonnèrent la demie de huit heures, il était temps de reprendre la route.
    
    Claire retourna sur la berge rattacher ses cheveux défaits, rajuster la ceinture de sa robe et remettre ses bas et ses chaussures. Domino s’était éloigné quelque peu. Elle le retrouva près du pont en train de grignoter les feuilles d’un chardon bleu.
    
    — Allez mon grand, je vais devoir t’atteler de nouveau mais ne t’inquiète pas, nous sommes presque arrivés. Tu auras ta ration de fourrage.
    
    Domino suivit sagement sa maîtresse et reprit la route qui menait à Brioude. Les rues commençaient à s’animer. Claire croisa quelques automobiles, conduites par des notables venus pour faire des emplettes et des affaires en ville. Elle eut juste ...
    ... le temps d’arrêter sa carriole sur la place pour éviter un concert de klaxons. Domino, qui détestait être bousculé, pouvait exprès ne plus avancer s’il était contrarié. La jeune fille le réconforta de quelques caresses et carottes et rejoignit à pied la petite rue qui menait à la crémerie. Le propriétaire venait juste d’ouvrir sa boutique et des effluves fromagères s’en échappaient. Lorsqu’il aperçut Claire, il siffla d’admiration :
    
    — Eh bien, Mademoiselle Dupuy, vous allez à un mariage pour être aussi jolie ce matin ? Vous ne m’avez guère habitué à vous voir ainsi !
    — Je viens juste déposer votre commande, Monsieur Boussugue, et faire quelques emplettes. J’ai dû garer la charrette sur la place, alors si vous pouviez venir récupérer le chargement, ce serait très aimable.
    — Bien sûr, bien sûr. Paulo, tu peux venir avec un diable ? Tu accompagnes mademoiselle à sa voiture et tu prends les deux caisses, comme d’habitude… Ils sont en train de refaire la grand-rue, alors les automobiles sont obligées d’faire un détour et elles font peur aux bêtes… C’est l’progrès qu’il paraît, mais c’est pas agréable… Vous revenez, que l’on fasse nos comptes ?
    — Entendu.
    
    Paulo, sur le chemin, regarda Claire d’un œil malicieux. Depuis deux ans qu’il travaillait chez le crémier comme commis, jamais il n’avait vu la jeune fille vêtue de clair. Et elle était si changée dans la robe bleue ramagée d’œillets rouges qu’elle lui paraissait complètement différente, presque intimidante. Quand il eut ...
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