1. Les cadeaux du hasard


    Datte: 14/06/2018, Catégories: fh, hplusag, jeunes, bain, campagne, caférestau, amour, hdomine, cérébral, revede, Voyeur / Exhib / Nudisme nonéro, mélo, amourdram, prememois, Auteur: Musea, Source: Revebebe

    ... d’Anita s’imposa à son esprit pour se superposer au sourire malicieux de l’homme tout à l’heure, lui causant une gêne inexplicable… Elle reposa sa fourchette, troublée.
    
    — Tu n’as pas faim ?
    — Je crois que cette chaleur me bourlingue. Et dire que demain je dois aller à Brioude…
    — Tu en as de la chance ! Moi je donnerais n’importe quoi pour aller là-bas. Tu vas voir des beaux messieurs, des beaux magasins… tu me raconteras ?
    — Bien sûr. Je vais aller chercher du satin noir pour ma robe des dimanches.
    — Cette vieillerie ? Tu ferais mieux de la jeter. Pourquoi tu ne mettrais pas ta robe du bal comme robe des dimanches ? Elle est jolie et très convenable.
    — Je vais devoir la mettre demain de toute manière. Je ne peux pas rester en robe de tous les jours pour aller en ville.
    — Parfait ! Si tu veux mon avis, elle est beaucoup mieux que la noire. Et puis, cinq ans de deuil vestimentaire, franchement Claire, c’est beaucoup trop. Je sais que tu n’as pas beaucoup d’argent mais tu sais, on peut toujours remettre à la mode d’autres robes de ta mère… Elle avait tellement de goût !
    — C’est gentil à toi mais je ne vais pas pouvoir recycler toutes ses tenues. Et puis pour tous les Jours, je préfère garder mes robes noires. Elles sont tellement pratiques !
    — Oui, mais tellement usées et tristes ! Claire, si tu as un peu de temps demain, prends un ou deux coupons de tissu ordinaire, rayé, fleuri, ce qui te fait envie et je te ferai des robes de travail. Ça te coûtera moins cher que ...
    ... le satin, et pour le reste, on piochera dans la garde-robe de ta maman !
    
    Claire soupira :
    
    — D’accord mais je te paierai pour tout ça !
    — Entendu, mais je pose mes conditions d’avance : tu me paies en miel, tome, pêches de vigne. Et omelettes au fromage. Ça te va ?
    
    Claire se mit à rire. La gentillesse d’Anita lui rendait l’appétit.
    
    ooooOOOOOOoooo
    
    Le lendemain matin, très tôt, Claire attela Domino à la charrette, graissa les roues et hissa les caissons remplis de glace et de sciure qui contenaient les produits qu’elle destinait à la crémerie sans compter un panier de provisions pour midi. Le jour se levait lentement quand elle partit. Elle avait devant elle plus de trois heures de route poussiéreuse au milieu des châtaigniers, des noyers, des sapins, des acacias et des vieux chênes. Le paysage se déroulait lentement, entre prés, collines, forêts profondes, mystérieuses, bordées de myrtilles et de digitales mauves. Les oiseaux chantaient le jour naissant. Domino trottait allègrement. La journée s’annonçait belle.
    
    Peu avant huit heures, Claire s’arrêta au bord de l’Allier pour se rafraîchir et faire brouter l’âne. Elle voulait refaire son chignon, défroisser sa robe et passer un linge frais sur son visage. Le soleil faisait scintiller l’eau et quelques libellules passaient entre les iris jaunes, fils bleus vrombissants. Claire soupira. Par un temps pareil, elle aurait aimé rester là, se baigner, profiter de ce moment de paix propre au réveil de la nature lorsque ...
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