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Burn out (2)
Datte: 26/08/2021, Catégories: Trash, Auteur: Mlle_Helened, Source: Xstory
2- Machinalement, je regarde la date. Une dizaine de jours après mon enlèvement. Ou ma mort. Je lis l’article. Il concerne Jeanne Davage, la PDG de la société pour laquelle je travaillais comme un fou. Alors qu’elle était pressentie pour entrer dans le futur gouvernement, l’article l’impliquait dans un scandale sexuel. Tout revient en mémoire. — Ce n’est pas moi, j’ai rien dit ! Evidemment pas de réponse. — J’AI RIEN DIT !!!! Non, je n’ai rien dit de ce que j’avais vu. Rien. De toute façon, je me fous de ce que peut faire la patronne et avec qui elle le fait. Ce soir-là, j’aurai dû suivre ma première idée et partir au lieu de rester pour débugger un énième problème. Moi et ma conscience professionnelle ! Non, ce soir-là, à vingt-heure trente, après avoir résolu mon incident, je vais aux toilettes avant de rentrer. Et en passant devant le bureau de la patronne, j’avais entendu des râles et des appels au secours. Je suis entré aussitôt et ce que j’ai vu n’avait rien à voir avec un quelconque malaise. Jeanne Davage était allongée sur le dos, sur son bureau, les jambes écartées et entre ses cuisses, Karine Cubzac, la secrétaire stagiaire. Les râles et les « au secours » n’étaient que l’expression de son plaisir. Dire qu’elles furent surprises en me voyant débarquer était un euphémisme. Mais mes explications n’ont convaincu personne et le regard noir de la PDG n’augurait rien de bon pour moi. — T’as pas intérêt à dire quoi que ce soit, sinon, tu ...
... vas entendre parler de moi. — Non madame, je ne dirai rien, promis. Je suis sorti du bureau me confondant en excuses et je suis rentré chez moi au pas de course. Et me voilà ici, coupable de n’avoir rien fait. Si fuite il y a eu, elle ne venait pas de moi. — C’EST PAS MOI !! Silence. L’obscurité rendait mon malaise pesant. BLANC. La lumière revint toujours aussi violente, brûlant une nouvelle fois ma rétine. Je relis l’article. Pas de photos, juste des transcriptions de conversations. Comment aurais-je pu raconter tout ça, puisque tout ce que j’avais vu aurait tenu sur la moitié d’un timbre poste. Toujours est-il que maintenant, j’en étais sûr : je n’étais pas mort, que j’étais séquestré et qu’en plus on m’avait affublé des seins de Samatha Fox. — LAISSEZ-MOI PARTIR ! NOIR. BLANC. Le journal et mon plateau repas sont accompagnés d’une enveloppe. Ce qui n’est pas pour me rassurer. Je lis le journal en mangeant les haricots verts. Au moins la bouffe est bonne, c’est déjà ça. Dans les pages régionales, il est rapporté un accident. L’état de la voiture ne laisse rien présager de bon quant aux occupants. La voiture ressemble étrangement à la mienne. En fait, c’est la mienne. L’article raconte que le conducteur n’a pu être identifié que par la plaque de la voiture. Laurent Moran. Moi. - Et il ne vous est pas venu à l’idée qu’on aurait pu me voler la voiture ? » pensé-je à haute voix Je continue ma lecture. L’identification a ...