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Bluesette
Datte: 08/08/2021, Catégories: fh, laid(e)s, voyage, pénétratio, policier, aventure, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... deux compagnes, et se poussent du coude en se glissant des confidences sans nul doute graveleuses. L’un d’eux se lève d’ailleurs, s’avance et faisant mine de trébucher, tombe sur Lilly qu’il pelote sans vergogne. Pas décontenancée pour un sou, Lilly qui avait repéré le manège le repousse violemment et lui expédie une claque sonore. Hébété, le type prend la mouche en découvrant les sourires moqueurs des convives, revient à la charge en jurant et se prend un magistral coup de béquille dans le tibia. Cette fois, il s’étale de tout son long. Depuis ma chaise, je le bloque au sol avec mes béquilles et mon pied. L’incident s’arrêterait là sûrement si ses copains n’avaient alors la mauvaise idée de vouloir prendre le relais. Debout, Lilly et Louise les abreuvent de coups, les obligeant à battre en retraite, mais un des connards écumant de rage défouraille alors un petit calibre et va tirer sur elles lorsqu’un convive lui abaisse le bras. Le coup part malgré tout et touche un brave texan d’une table voisine. Touché à la cuisse, le Texas boy regarde sans comprendre le trou dans son pantalon. Puis réalisant, le cow-boy se lève, déplie son double mètres, et aussi gêné par la balle que si une guêpe l’avait piqué, se rue sur l’ivrogne qui tient toujours son revolver. Le désordre est indescriptible, la plupart des clients se ruent vers la sortie en hurlant, renversent tables et chaises, les musiciens sautent de l’estrade pour plonger dans la mêlée, les serveuses se planquent comme ...
... elles peuvent. Les nuisibles sont rapidement maîtrisés par le cow-boy et ses amis, le calme revient. Ce qui aurait pu n’être qu’une petite bagarre amusante s’est transformé en drame. Oh, pas du côté texan : un examen rapide montre que la balle a traversé le gras de la cuisse, quelques points de sutures et le bonhomme pourra continuer sa java ; mais parce qu’inévitablement, les cops vont débarquer. Dans le meilleur des cas, la soirée est foutue ! Et je me passerais bien d’aller visiter le Poste de Police du secteur… La pièce est dans le plus pur style police année 80 : grise, sale, triste. Les chaises en skaï sont raides, la clim est poussive et donne plutôt l’air de polluer l’atmosphère que de la rafraîchir. Et les flics sont naturellement désagréables. Débordés, ils nous ont tous collés en cellule, agresseurs et victimes. Bonjour l’ambiance ! Après deux ou trois heures, un inspecteur est enfin venu nous chercher. Il nous a, bien entendu, interrogés sur les circonstances de la bagarre, et nous a pris nos papiers. Pour vérification ! Victimes, nous sommes traités comme des suspects : pourquoi êtes-vous à la Nouvelle-Orléans ? Depuis combien temps ? Jusqu’à quand ?… Et encore, jusque là, nous étions plutôt bien traités. Jusqu’à ce que le fonctionnaire chargé de vérifier nos papiers ne revienne et ne fasse signe à notre inspecteur de le rejoindre dans le couloir. À son retour, le flic avait changé d’attitude, nous servant un regard soupçonneux. D’autres flics avaient ...