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Bluesette
Datte: 08/08/2021, Catégories: fh, laid(e)s, voyage, pénétratio, policier, aventure, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... anatomie, s’exposent aux flashes et aux rires, avant de se couvrir à nouveau pour continuer, comme si de rien n’était, leur ballade nocturne. Quelques passants se retournent sur leur passage et balancent des commentaires égrillards, avant qu’elles ne se fondent dans la foule et retrouvent un anonymat respectable. Connaissant Lilly, je m’attendais à quelques débordements de sa part mais les provocations répétées ne firent que l’amuser sans la pousser au crime. Je mis cette passivité sur le compte de son état biologique et peut-être aussi sur le souhait mutuel de passer plutôt inaperçus. Peu avant d’arriver à New Orleans, j’avais d’ailleurs repris le petit camouflage déjà utilisé chez le casseur-autos, à savoir : un faux plâtre au pied et des béquilles. Camouflage voyant c’est sur, mais je continue à penser qu’un type avec un pied plâtré est, certes, visible mais que son souvenir restera moins longtemps à l’esprit que l’image d’un play-boy boiteux. Et pour tout dire, si on vous demandait si vous aviez aperçu un boiteux minable, penseriez-vous à faire le rapprochement avec ce type au pied plâtré que vous aviez vu se pavaner avec deux escort-girls relativement indécentes ? Pour ce qui est de Louise, Lilly lui avait monté un bateau sur un soi-disant complexe que je ferais au sujet de mon infirmité et avait également forcé sur mon côté "petit voyou poursuivi par une bande de grands vilains pas beaux". Se balader avec des béquilles n’est pas une sinécure mais offre ...
... l’avantage de mettre les gens dans de bonnes dispositions à votre égard. Le loufiat du Dizzy ne fait pas exception et nous escorte jusqu’à une très bonne table dans la boite. Le public est principalement composé de couples pour la plupart réunis par deux autour des petites tables en alu brossé. Le décor est typiquement pompier 1920, les fauteuils confortables et les serveuses aguichantes avec leurs pseudos uniformes en satin rouge et leurs bas résille. Est-il besoin de dire que nous avons fait une entrée remarquée dans le Club : moi, à cause de mes béquilles, Lilly, à cause de son décolleté ravageur et Louise pour sa minijupe affolante. Sur la scène, à moins d’un mètre devant nous, un trio de blacks souriants distille un blues de bonne facture enrobé par la voix basse et chaude d’une chanteuse extraordinairement sexy : sans nul doute métissée, la jeune femme ondule devant son micro. Ses cheveux lisses brillent sous les spots, sa peau noire et mate met particulièrement en valeur ses yeux clairs, ses lèvres plutôt fines rehaussées par un rouge à lèvres mouillé, ses dents régulières et étincelantes. Sa longue robe de lamé scintille, moule ses formes avantageuses. Fendue jusqu’à l’aine, la robe s’entrouvre sous les ondulations de l’interprète, dévoilant des jambes interminables, une cuisse nerveuse et fuselée, l’aine découverte. Spectacle lascif, un peu trouble, gentiment érotisant. A la table voisine de la nôtre, trois types, passablement éméchés louchent sans vergogne vers mes ...