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0216 L’amour ne vit plus ici.
Datte: 06/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... sang, et du fond de mon cœur Strange that I was wrong enough/Il est étrange que je me suis trompé à ce point To think you'd love me too/Pour croire que tu m'aimais aussi I guess you were kissing a fool/J’imagine que tu as embrassé un idiot You must have been kissing a fool/Tu devais embrasser un idiot Des crépitements plus marqués d’échappent des enceintes, puis le silence se fait, un silence par-dessus lequel se fait entendre un léger bruit de mécanique bien réglée, le mouvement du bras du tourne disque qui se lève et se remet seul sur son support, alors que la galette cesse de tourner. La chanson vient tout juste de se terminer et elle résonne toujours en moi. Non, je crois vraiment que je n’ai rien entendu de si beau auparavant. Je crois que même sans comprendre les mots, la douceur et la mélancolie de cette voix savent parler directement au cœur et transmettre une émotion incroyable. J’en ai le souffle coupé. J’ai des frissons, un nœud au fond de la gorge, j’ai la chair de poule, les poils dressés sur les bras. Je ressens une sensation d’électricité qui part d’entre mes reins, remonte le long de ma colonne vertébrale, fait vibrer mes omoplates, crispe mon cou et se perd dans le bas de ma nuque. Je suis retourné comme une chaussette, comme si j’avais pris une claque en pleine figure. Je sens les larmes mouiller mes yeux. Un disque a un début, un développement, et une fin. Suivis par le silence. Un silence aussi long que la flemme de celui qui ...
... écoute de se lever et aller remettre la galette à tourner, la faire démarrer depuis le début, ou choisir un morceau précis, ou pour la retourner. J’ai très envie d’écouter à nouveau ce petit chef d’œuvre que je viens de découvrir. Et pourtant, je savoure le silence qui suit le chef d’œuvre et qui le fait apprécier par le manque. Ne dit-on pas que le silence après du Mozart, c’est toujours du Mozart ? « Ça va Nico ? » me demande Charlène. « Oui, ça va » je lui réponds, en essayant sans succès de cacher l’émotion qui s’invite dans ma voix. « T’as l’air tout ému ». « C’était très très beau ». « Elle se nomme Kissing a fool » fait Florian « et c’est vrai qu’elle est magnifique. Je crois que la première fois que j’ai entendu cette chanson, j’ai été aussi touché que toi. C’était il y a environ quinze ans. Ça fait plaisir de voir que la magie opère toujours, même aujourd’hui, et même sur les nouvelles générations ». « J’avoue que c’est une très belle chanson » confirme Charlène « au fait, c’est qui le chanteur ? ». « C’est George Michael » fait Florian, en se levant et en approchant du tourne disque. Ah, oui, George Michael. Je me disais bien que cette voix ne m’était pas inconnue, car elle est reconnaissable entre mille. Je ne connaissais pas cette chanson, en revanche, ni la couverture de l’album. Un instant plus tard, j’entends le bruit de diamant qui ripe bruyamment sur le vinyle, suivi par quelques crépitements, avant qu’à nouveau des notes de piano ...